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    Si le chemin qui conduisit Jésus au mont Golgotha pour sa crucifixion fut long, il en faudra autant pour les déplacés vivant dans des sites de fortune dans la chefferie des Mokambo qui subissent les aléas du début de la saison pluvieuse, voire de la fin de cette dernière.

    Dans la chefferie des Mokambo, une entité située à environ 75 kilomètres à l’est du chef-lieu du territoire de Mahagi, vit un nombre important de personnes déplacées internes. D’après les statistiques récentes fournies par la société civile locale, 18.500 déplacés internes estimés à 120.000 ménages vivent dans 23 sites disséminés à travers cette chefferie.

    Des personnes pour qui le ciel qui s’assombrit en annonçant la pluie est une malédiction. Les abris de fortune sont défectueux.

    Rose Ng’amita, cinquantenaire et mère de neuf enfants, dont ses petits-fils des parents tués par la milice Codeco, n’arrive pas à rester dans sa demeure après une pluie qui s’est abattue sur la région.

    « Comme vous pouvez le voir, mon frère, j’ai du mal à rester dans cette chose après cette pluie. Toute ma maison est pleine d’eau. Avec ce retour de la pluie, nous ne savons que faire ; le toit de ma maison est défectueux, même les pailles ou les branches de palmiers ne nous aident pas. Nous vivons l’enfer avec ce retour de la pluie, mes enfants risquent certainement de souffrir d’ici-là, il y en a qui frissonnent déjà mal », relate-t-elle sous un ton de tristesse.

    Maisons de fortune au site BCZ. P© Désiré U, avril 2024

    La situation n’est pas singulière à Rose, d’autres vivent pire qu’elle. Micheline Biwaga, enceinte de son état, n’arrive pas à passer la nuit dans son installation. Et pour cause, tout espace inondé par l’eau de la pluie.

    « Au premier jour où il a plu, notre maison était envahie par l’eau de pluie. On a passé la nuit debout. Le lendemain, mon mari est parti chercher quelques branches de palmier pour réarranger le toit, mais ça ne marche toujours pas, ma maison est toujours remplie d’eau quand il pleut et nous ne savons comment dormir. Dernièrement, mon mari m’a emmené chez mon voisin à cause de la grossesse, mais là aussi, la maison fait égoutter l’eau à partir du toit », explique-t-elle.

    Cette situation chaotique fait retentir l’appel à une intervention des organismes, des hommes de bonne volonté et des autorités politico-administratives.

    « Si le Gouvernement est soucieux de sa population, nous pensons qu’il nous viendra en aide. Nous demandons aussi aux organismes humanitaires, aux personnes de bonne volonté et aux hommes politiques de regarder au cœur notre situation. Nous demandons seulement de l’aide, Monsieur le journaliste », a lancé le chef du site BCZ.

    La situation des personnes déplacées dans le territoire de Mahagi en général est inquiétante, surtout pendant cette saison pluvieuse qui vient de commencer.

    Désiré Uwekmeno

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