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    Un groupe de jeunes coureurs sur la route de l’aéroport
    Bunia, le 22 juillet 2018
    Photo/ Luc Malembe
    Le constat est fait par nombreux habitants de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri.
    Chaque week-end, ils sont estimés à plusieurs milliers, plus de 5000 selon un observateur, le nombre des jeunes filles et garçons, dont l’âge varie entre 10 et 35 ans, qui jonchent chaque matin depuis quelques mois, la route de l’aéroport de cette ville, récemment asphaltée par le gouvernement.

    Si pour les uns, cette situation est justifiée par le fait que les élèves sont en vacances, beaucoup cependant pointent du doit l’asphaltage de cette route longue de 4km, jadis poussiéreuse.

    « Je fais du sport chaque matin depuis plusieurs mois. Avant il n’y avait pas assez de monde. On remarque actuellement un grand engouement des jeunes à courir. S’il y avait trop de poussière sur cette route, ils ne seraient pas là. C’est parce qu’on y a mis du goudron » constate Moïse, 22 ans, boxeur professionnel.

    Cette position est soutenue par Bienfait, 22 ans, joueur de football, qui venait de courir 12km depuis 3 heures du matin.
    « L’effectif a beaucoup augmenté depuis que cette route est asphaltée. On note une présence assez grandissante des jeunes filles ainsi que de plus petits garçons de 9 ou 10 ans » explique-t-il

    Mais pour Princesse, 19 ans, qui dit courir pour diminuer le poids, cette présence matinale accrue des jeunes sur la route de l’aéroport est dûe au fait que les élèves sont en vacances.

    « Je veux être souple, il n’est pas normal qu’à mon âge je pèse 90 kg. Je cours 10 km chaque week-end, et depuis le début des vacances on se trouve nombreux sur cette route »

    Il faut cependant noter que cette activité matinale des jeunes n’est pas sans critiques. Certains habitants accusent les filles coureuses de porter des tenues peu décentes, et les garçons d’en profiter pour se faire de petites copines.

    « Faux » rétorque Awa, 23 ans qui affirme avoir observé, il n’y a que les petites filles qui portaient des habits trop serrés. « Au vu de leur âge, je trouve cela normal. Nous les grandes filles, nous sommes bien habillées » confie-t-elle.

    Quoi qu’il en soit, cette brusque activisme physique des jeunes de Bunia, non encadrée et pratiquée sur une route moins sécurisée, où les coureurs cohabitent avec des vehicules, motos et autres engins, doit interpeler les autorités.
    D’une part qu’elles doivent poursuivre les travaux d’asphaltage de la très poussiéreuse voirie urbaine et d’autre part qu’il va falloir encadrer ces jeunes coureurs en prenant des mesures pour éviter des accidents.

    La Rédaction

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