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    Denis Mukwege, numéro 15, est le quatrième Candidat président pour les élections générales du 20 décembre 2023 en RDC à fouler ses pieds à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri. Devant la population, le « réparateur » des femmes a fait part de ses priorités.

    Comme tous les autres candidats, il fallait attendre jusqu’à 18h pour le voir arriver à la tribune officielle de Bunia en vue de communiquer ses ambitions à la population. Ce fils de l’Est « qui maîtrise la situation de l’Ituri », une province qu’il a connu comme un déplacé de guerre part, tout d’abord, du message de compassion.

    Ici, il y a des gens qui sont nés et qui ont grandi pendant la guerre. C’est un découragement pour les parents”, rappelle-t-il d’entrée de jeu.

    Une longue guerre de l’Ituri qui a des conséquences incalculables sur le quotidien des habitants : pas d’emploi pour la jeunesse, les femmes en souffrance. Une motivation de plus pour le prix Nobel de la Paix 2018 de rêver « la présidence ».

    Dans la peau de « soi-même », Denis Mukwege, d’un ton des pasteurs, déroule un discours, entrecoupé par les applaudissements, sans s’attaquer à ces challengers.

    Chemise blanche, deux poches par le devant (d’un côté de ventre et de l’autre), boutonnée jusqu’au coût, le Docteur Mukwege ne s’oublie pas.

    Mukwege, l’unité d’abord

    Dans une des langues locales (Kiswahili), il priorise le rétablissement de la sécurité, une fois élu comme président de la RDC. « Nous sommes vachement riches et cela attire tout le monde », reconnaît-il. Pour mettre à l’abri le sous-sol congolais, l’un des spécialistes mondiaux du traitement des fistules, souhaite reconstruire une police dotée de toutes spécialités et une armée capable. Ce qui passe par la réforme du secteur de sécurité.

    Mais avant tout, Mukwege sollicite « l’unité ». Pour gagner cette guerre nous devons progresser dans la même direction, préconise le fils de Bukavu.

    Ituri c’est une province martyr où la population a longtemps souffert. Nous voulons tous la paix” soutient Mukwege.

    Prix Nobel de la paix pour ses efforts pour mettre fin à l’emploi des violences sexuelles en tant qu’arme de guerre, il veut aussi lutter contre la famine. Un pilier qui repose sur le lancement d’un programme de l’urgence Agro pastorale. Une alternative pour limiter l’importation au profit de la production locale.

    Les combattants désarmés devraient être redéployés dans les villages agricoles. Un village dont il explique le fonctionnement « mot par mot». Comme dans l’ensemble de son discours, chaque point est profondément expliqué : chaque détail compte.

    Aujourd’hui, pour tout, il faut faire recours à l’extérieur (…) Pour la baisse du taux de dollars nous devons accroître l’économie”, indique le candidat numéro 15.

    L’autre priorité, lutter contre les anti-valeurs, l’autre problème qui ronge, selon Mukwege, le pays de Lumumba. Pour mener son combat, le fondateur de l’hôpital de Panzi a besoin de l’unité des congolais.

    Une séquence inédite

    Lors de son discours en début de soirée, Denis Mukwege est concentré jusqu’au bout. Focus sur son public et cela jusqu’à oublier de donner son numéro à ces potentiels électeurs.

    Il est 18h44, le Docteur Mukwege remercie la population de l’avoir écouté et d’avoir patienté. Il doit remettre le micro et repartir. Dans sa ceinture, on le suit mot par mot : le candidat président, depuis le début, n’a pas encore cité son numéro.

    C’est au moment où il doit remettre son micro que le membre de son équipe le rappelle.

    Vous allez voter quel numéro ? Votez tous le numéro 15 ”, se rattrape Denis Mukwege qui peut maintenir descendre et rejoindre son hôtel. Il est le quatrième candidat président à la conquête de Bunia et a passé nuit dans cette ville.

    Verite Johnson

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