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    Le général-major Peter Chirimwami a rendu public lundi 11 mars 2024 un arrêté portant annulation de l’arrêté du gouverneur civil en congé, le député national Carly Nzanzu Kasivita qui ne pose pas problème à la place de celui du gouverneur militaire rappelé, le lieutenant-général Constant Ndima Kongba qui suscite des plaintes sur le cimetière de l’ITIG, situé dans le quartier Kahembe en commune de Karisimbi dans la ville de Goma (Nord-Kivu).

    L’intention est là : l’autorité provinciale veut calmer les esprits qui se surchauffent, de suite des travaux entrepris au niveau dudit cimetière. Dans son arrêté, le général-major Peter Chirimwami annule l’arrêté de celui qui a cédé le fauteuil à l’état de siège.

    « Est annulé l’arrêté provincial n° 01/177/CAB/GP-NK/2021 du 15 avril 2021 portant désaffectation d’une portion de terre de l’ancien cimetière de l’ITIG, situé dans le lotissement Kahembe, commune de Karisimbi », écrit le gouverneur militaire intérimaire dans son arrêté. Malheureusement, l’arrêté qu’il annule n’est pas celui qui pose actuellement problème.

    En effet, l’arrêté du gouverneur civil en congé ne concerne pas la désaffectation actuelle. Carly Nzanzu Kasivita avait cédé en avril 2021 une portion de terre du domaine public de l’État à un domaine privé de l’État.

    “La portion de terre mesurant 1 hectare 58 ares 99 centiares et 38 % de l’ancien cimetière de l’ITIG est désaffectée du domaine public de l’État pour le domaine privé de l’État” et cet arrêté du 15 février 2021 octroie cette désaffectation à : la Police nationale congolaise pour l’érection de sa bâtisse, la circonscription foncière de Karisimbi pour la construction de son centre de santé et le quartier Kahembe pour ses bureaux qui y sont déjà implantés. Celui-ci ne constitue en rien le problème.

    Le problème qui se posait au niveau du cimetière de l’ITIG, c’est l’arrêté du gouverneur militaire rappelé, le lieutenant-général Constant Ndima Kongba, datant du 2 novembre 2021. Dans son article premier, « l’espace rocailleux à l’intérieur du cimetière de l’ITIG d’une superficie de 89 ares 25 centiares est attribué à la société MAKAO SARL pour la construction d’une morgue et d’un atelier funèbre », société qui effectue les travaux au niveau de l’ITIG. À son tour, elle a remis dix ARES au gouvernement provincial pour l’aménagement d’un cimetière public, en lisant l’article 2 du même arrêté.

    Finalement, le général-major Peter Chirimwami a repris le contrôle. Après avoir annulé le premier arrêté du 15 avril 2021 et qui n’avait rien à voir avec la situation du cimetière, l’autorité provinciale annule finalement celui qui posait problème. « Est annulé l’arrêté provincial n° 01/274/CAB/GP-NK/2021 portant attribution et affectation des parcelles de terre en commune de Karisimbi », peut-on lire dans un autre arrêté daté de ce mardi 12 mars 2024.

    Le dossier de spoliation de terre est devenu monnaie courante à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, depuis l’avènement de l’état de siège, le 6 mai 2021. De nombreuses parcelles appartenant à l’État congolais, dont des espaces publics, ont été cédées au particulier sans aucune justification.

    Un autre fait, c’est la situation complexe des cimetières Gabiro et Sep Congo. Ces deux parcelles des tombes sont apparemment cédées aux particuliers, qui ont donné le go de les exploiter au détriment du bien commun, effaçant ainsi de nombreux souvenirs des êtres chers enterrés en ces endroits.

    Guerschom Mohammed depuis Goma

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