Le gouvernement de la République démocratique du Congo a condamné l’attaque armée menée dans la nuit du 11 au 12 mars contre des sites miniers situés à Muchacha, dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri. L’assaut, attribué aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) et revendiqué par l’organisation État islamique, a fait plusieurs morts, provoqué l’incendie d’installations et entraîné le déplacement de civils.
Dans un communiqué parvenu le 16 mars 2026 à buniaactualite.cd, le ministère de la Communication et Médias a dénoncé une attaque « terroriste » et exprimé la compassion du gouvernement aux familles des victimes ainsi qu’aux populations touchées.
A lire aussi : Ituri : Kinshasa promet d’« éradiquer » les terroristes après le massacre de Muchacha
Kinshasa affirme par ailleurs que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) poursuivent leurs opérations militaires dans cette zone afin de neutraliser les groupes armés actifs dans la région.
Kinshasa met en avant les opérations militaires
Selon les autorités congolaises, l’armée mène actuellement plusieurs opérations dans la province de l’Ituri. Dans le territoire de Mambasa, les FARDC affirment avoir détruit des positions des ADF et récupéré des explosifs.
Des opérations ont également été signalées dans le territoire voisin de Djugu, où l’armée dit avoir neutralisé des combattants de la milice Convention pour la Révolution Populaire (CRP), un groupe armé associé à l’ancien chef de guerre Thomas Lubanga. Des armes auraient été saisies au cours de ces interventions.
Le gouvernement assure que ces opérations visent à restaurer l’autorité de l’État dans cette partie du territoire national et à mettre fin aux activités des groupes armés.
Une crise sécuritaire reléguée au second plan
La condamnation de l’attaque de Mambasa intervient dans un contexte où la situation sécuritaire de l’Ituri apparaît moins présente dans la communication officielle de Kinshasa ces dernières années.
Depuis plusieurs mois, l’attention politique et médiatique à Kinshasa se concentre largement sur l’évolution du conflit impliquant la rébellion du M23 et l’Alliance Fleuve Congo (AFC) dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Cette crise, marquée par des affrontements réguliers et des tensions diplomatiques régionales, occupe l’essentiel des discours officiels et des initiatives diplomatiques.
Dans ce contexte, les violences persistantes en Ituri passent souvent « au second plan », malgré la poursuite d’attaques meurtrières contre les civils. Parfois, l’on note même des dizaines de morts,… qui passent inaperçus dans les communications de Kinshasa.
Une province toujours confrontée aux violences armées
La province de l’Ituri reste pourtant l’un des principaux foyers d’insécurité dans l’est de la RDC. Les ADF, actifs entre l’Ituri et le Nord-Kivu, continuent de mener des attaques contre les villages et les axes routiers.
Depuis le début de cette année 2026, des dizaines de personnes ont été tuées par ce groupe armé. La coalition FARDC-UPDF mène aussi des opérations militaires pour faire échec à cette rébellion.
A lire aussi : Ituri : huit ans au cœur de l’instabilité sécuritaire, la milice CODECO recule sans disparaître
Parallèlement, plusieurs groupes armés locaux opèrent dans la région, notamment dans les territoires de Djugu, Irumu et Mambasa. Ces groupes sont régulièrement accusés d’attaques contre des camps de déplacés, d’incendies de villages et de pillages. Outre la très médiatisée CRP de Thomas Lubanga, des attaques de la milice de la Codeco contre des civils ont récemment été documentés à Djugu.
Ces violences alimentent une crise humanitaire persistante, marquée par d’importants déplacements de population. Pour le lieutenant-général Luboya N’Kashama Johnny, en dépit de ces quelques poches d’insécurité, « l’Ituri est déjà pacifiée en 80% ».
A lire aussi : Ituri : Djugu, de l’épicentre de l’instabilité à « 80 % de paix » ? Analyse et Décryptage
Le Parlement rend hommage aux victimes
La situation sécuritaire dans l’est du pays a également été évoquée lundi à Kinshasa lors de l’ouverture de la session parlementaire de mars.
Le président du Sénat, Sama Lukonde, a invité les sénateurs à observer une minute de silence en mémoire des victimes des violences à travers le pays. Il a notamment cité les militaires et policiers morts dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que les civils victimes des attaques armées.
Dans cette évocation, il a fait référence à l’attaque attribuée aux ADF à Mambasa ainsi qu’à un incident survenu le 11 mars à Goma impliquant des agents humanitaires.
L’attaque de Muchacha rappelle que, malgré la centralité du conflit impliquant le M23 dans l’agenda politique et sécuritaire congolais, l’Ituri demeure un front actif de l’insécurité dans l’est du pays.
A lire aussi : Ituri : offensive des FARDC contre la CRP, 500 armes récupérées en sept mois
Plus de deux décennies après le début des conflits armés dans cette région, la province continue d’être le théâtre de violences récurrentes, dans un contexte où les efforts militaires et politiques peinent encore à ramener une stabilité durable. L’Ituri est le Nord-Kivu sont deux provinces placées sous état de siège depuis bientôt 5 ans. L’un des objectifs majeurs était et est surtout de restaurer l’autorité de l’État.
Rédaction

