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    Sans son époux ( le président Thisekedi), la première dame Denise Nyakeru (son épouse) est arrivée à Bunia, chef-lieu de l’Ituri, le lundi 29 novembre. Mais est-ce une visite de consolation aux peuples Ituriens, sa propre promenade de santé ou encore une pré campagne pour son époux ?

    Des questions, si bien que moins pertinentes, mais qui ont captivé la rédaction de buniaactualite.com. Retours sur certains éléments clés qui entourent cette visite si pas surprenante, mais inédite.

    Du meeting annulé de Tshisekedi au meeting réussi de Nyakeru

    Près d’un mois après le début de l’Etat de siège en Ituri, le chef de l’Etat était arrivé à Bunia. Nous sommes le jeudi 17 juin 2021, le même jour où le président de la République devrait tenir un meeting populaire à la tribune officielle de la ville. Un meeting annulé, simplement parce qu’il était arrivé aux environs de 19 heures locales. Vendredi 18 juin, le maire de la ville qui, dans ses précédentes communications confirmait la tenue du même meeting, annonçait dans un court message « ce meeting est renvoyé sine die », sans commentaires explicatifs. Pourtant à la tribune, comme la veille, le décor était entrain d’être planté. Meeting annulé, population déçue. Cette dernière était impatiente de l’écouter, vraisemblablement sur les questions sécuritaires.

    5 mois après le passage de son époux, Denise Nyakeru a, elle aussi, foulé le sol de l’Ituri. Lundi 29 novembre, elle atterri aux environs de 14 heures locales avec une équipe d’accompagnement. Au programme, un meeting était annoncé. Contrairement au président Tshisekedi, la première dame n’a pas annulé son meeting. Le meeting s’est tenu au même endroit que devrait se tenir, il y a 5 mois, celui du chef de l’Etat. Une première dans l’histoire de la province de l’Ituri, depuis son avènement. S’agit-il d’un comblement de vide laissé par son époux ?

    Quoi attendre de son meeting et de sa présence ?

    Le gouverneur militaire de l’Ituri s’est pointé à la première ligne pour accueillir la première dame. Devant une foule immense, constituée aussi en grande partie de membres des partis politiques, madame Nyakeru ne s’est prononcée que pendant moins de 5 minutes à la tribune.

    Visiblement, l’épouse du chef de l’Etat a voulu démonter, au début, qu’elle avait une parfaite maîtrise de la situation de l’Ituri. Elle a touché, d’une manière sommaire, l’insécurité, les infrastructures routières dégradées, les maigres soldes des militaires, etc.

    Abordant l’insécurité, elle a plutôt prêché l’amour et la paix, demandant à la population Iturienne de bannir la haine, en privilégiant la paix, « seul espoir pour construire la nation », a-t-elle estimé.

    Le ministre des ITPR est déjà saisi de la question liée à la réhabilitation de certains axes routiers délabrés en Ituri, a rapporté la première dame. Elle a également touché le problème de sole des militaires congolais « Je vous rassure que je m’y penche pour trouver des solutions », a-t-elle rassuré.

    De la tribune, elle a visité quelques sites de déplacés, l’orphelinat et des militaires blessés de guerre qui sont soignés à l’hôpital général de référence.

    Considérant que le statut juridique de la première dame ne fait l’objet d’aucune codification en République Démocratique du Congo, toutes les promesses faites par l’épouse du chef de l’Etat devant la population n’auraient aucune répercussion sur la décision du gouvernement congolais, ou encore sur la vie de la population. Voyant les choses dans cet aspect, la population ne devrait pas s’attendre à un grand changement.

    Par ailleurs, la première dame, une infirmière de formation, est responsable d’une structure dénommée « Fondation Denise Nyakeru Tshisekedi ». Une association sans but lucratif à des missions multiples. Elle touche l’éducation, la santé, la lutte contre les violences sexuelles et l’autonomisation de la femme. Elle devrait, sans aucun doute, capitaliser sa présence en Ituri pour asseoir durablement cette fondation qui, contrairement dans d’autres coins du pays, n’a pas encore pu entamer ses activités avec ampleur.

    Lien avec les élections de 2023 ?

    Après les villes de Kisangani, Buta et Bunia, la première dame va poursuivre sa tournée à Isiro et probablement dans d’autres villes du pays. Partout où elle passe, elle ne passe pas inaperçue. Des meetings, des consultations, des gestes de charités, … des promesses.

    Tout ceci se passe à environ moins de 2 ans de l’organisation des élections générales en République démocratique du Congo, des élections où le président Tshisekedi va, sous réserve de changement de dernière minute, se présenter pour sa propre succession et ainsi briguer un nouveau mandant.

    Certains analystes estiment que de nombreuses missions de l’épouse du chef de l’Etat ne se limitent pas simplement aux visites de consolation, mais ont plus une dimension politique. « Baliser le terrain » pour le président Tshisekedi, ce qui pourrait être sous forme d’une pré campagne. A Bunia par exemple, l’actuel président de la république n’était pas majoritairement consommée par la population, pendant les périodes de campagne électorale de 2018.

    L’Ituri, l’une des provinces du Congo où l’insécurité bat son plein, la population s’attend plus au retour effectif de la paix, et d’autres questions prioritaires vont suivre. Un retour de la paix que ne devra pas malheureusement donner l’épouse du chef de l’Etat, ne possédant aucune place de commande dans les institutions du pays.

    Dans l’entretemps, l’Etat de siège tente de calmer le feu, bien que l’insécurité semble perdurer dans certains coins de la province. Ces derniers mois, de nombreux villages ont été attaqués, voire des sites de déplacés. La situation sécuritaire semble n’est pas fortement s’améliorer, tenant compte de l’activisme de certains groupes armés en province.

    Alors, les questions principales demeurent : la visite de la première dame a une dimension de consolation de la population meurtrie par la guerre, ou se résume à une promenade de santé ou encore une dimension politique liée à une pré campagne ? Des questions qui ne trouveront pas peut-être des réponses claires et objectives aujourd’hui, mais l’avenir dira un peu plus.

    David Ramazani

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