Le député national Jefferson Abdallah Pene Mbaka a appelé vendredi à l’examen, par l’Assemblée nationale, du rapport de la Première ministre sur l’avenir de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu.
S’exprimant à la tribune de la chambre basse du Parlement, l’élu de Mambasa a estimé nécessaire d’ouvrir un débat approfondi afin de tirer des conclusions sur l’efficacité de cette mesure sécuritaire en vigueur depuis 2021.
« Nous demandons que le rapport de la Première ministre sur sa mission dans les provinces sous état de siège soit examiné par la représentation nationale. Il est temps que nous prenions des décisions concrètes pour mettre fin à l’insécurité », a-t-il déclaré.
Le député a également plaidé pour l’organisation de journées de débats consacrées à la situation sécuritaire dans l’est du pays, soulignant l’urgence d’évaluer les résultats de l’état de siège et d’envisager des ajustements.
Instauré en mai 2021 par le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, l’état de siège confère des pouvoirs élargis aux autorités militaires et policières dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, dans le but de lutter contre les groupes armés actifs dans ces régions.
Plus de quatre ans après sa mise en œuvre, cette mesure continue de susciter des débats sur son efficacité et son impact sur la situation sécuritaire et la gouvernance locale.
Si certains estiment qu’il n’a produit aucun effet positif sur le plan sécuritaire, d’autres pensent plutôt le contraire. D’une mesure temporaire, l’état de siège s’affirme aujourd’hui comme mesure normale, approchant les 5 ans.
A lire aussi : 4 ans d’état de siège en Ituri : Luboya, le messie ou le diable ?
Dans ses récentes communications, le lieutenant-général Luboya N’Kashama Johnny, commandant des opérations militaires et gouverneur militaire, n’a cessé de présenter son bilan largement positif. Il parle d’environ 80% de paix restauré en Ituri. Une position qui ne fait pas l’unanimité dans l’opinion publique, sachant de manière officielle, aucun groupe armé ou presque n’a été « totalement » défait depuis le début de cet état d’exception.
A lire aussi : Ituri : Djugu, de l’épicentre de l’instabilité à « 80 % de paix » ? Analyse et Décryptage
Esdras Kaghoma

