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    En rappelant l’interdiction du port et de la détention d’armes par les personnes non autorisées, le gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Gaby Kasongo Mulumba Batoka, réaffirme une règle fondamentale de sécurité publique. Mais dans une province où plusieurs groupes armés continuent de mener des attaques, la principale interrogation porte moins sur l’interdiction elle-même que sur les moyens de la faire respecter.

    Dans un communiqué officiel daté du 15 octobre 2026 et transmis vendredi à Buniaactualite.cd par sa cellule de communication, le gouverneur militaire prévient que « toute personne trouvée illégalement en possession d’une arme s’expose à une interpellation et à des poursuites judiciaires ».

    Il appelle également les habitants à ne pas protéger les détenteurs illégaux d’armes et à signaler les personnes suspectes aux services de sécurité.

    Cette communication présente un intérêt évident. D’abord, elle réaffirme le principe selon lequel l’usage légitime de la force doit relever des institutions compétentes et rappelle que la détention illégale d’armes constitue une menace pour la sécurité collective.

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    Cependant, son efficacité dépendra principalement des mesures prises sur le terrain.

    Une interdiction face à une réalité sécuritaire complexe

    L’Ituri reste confrontée à plusieurs foyers d’insécurité. Dans le territoire de Djugu, les attaques attribuées à la CODECO et les violences impliquant d’autres groupes armés continuent d’inquiéter les populations. Les récentes attaques contre des usagers de la route nationale 27 ont notamment perturbé la circulation sur cet axe stratégique.

    Dans le territoire de Mambasa, des organisations de la société civile multiplient également les alertes sur des incursions attribuées aux ADF, particulièrement dans des localités et des zones d’exploitation minière.

    Dans ce contexte, le problème du port illégal d’armes dépasse la seule présence d’individus armés dans les agglomérations. Il concerne aussi des groupes organisés, capables de se déplacer et de mener des attaques dans des zones où la présence de l’État demeure insuffisante.

    Le communiqué du gouverneur ne précise pas si de nouvelles opérations de contrôle, de désarmement ou de sécurisation seront engagées pour donner un effet concret à cette interdiction.

    Cette absence de précisions ne signifie pas nécessairement que de telles opérations n’existent pas. Elle limite toutefois la possibilité, pour la population, d’apprécier ce qui changera après cette annonce.

    La collaboration des habitants, une responsabilité à encadrer

    L’appel à la vigilance citoyenne constitue un autre élément important du communiqué, peut-on constaté dans le même communiqué.

    Dans plusieurs localités, les habitants peuvent disposer d’informations utiles sur les mouvements suspects. Leur collaboration avec les services de sécurité peut donc contribuer à prévenir certaines attaques.

    Mais cette collaboration suppose des garanties. Comment les personnes qui transmettent des renseignements seront-elles protégées contre d’éventuelles représailles ? Quels mécanismes permettront de vérifier les signalements et d’éviter que des rivalités personnelles ou communautaires ne débouchent sur des accusations infondées ?

    Le communiqué ne répond pas à ces questions.

    Dans une province marquée par des tensions communautaires et des déplacements de populations, la dénonciation des porteurs illégaux d’armes doit s’accompagner de procédures fiables, respectueuses des droits des personnes et de la présomption d’innocence.

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    De la fermeté annoncée aux résultats attendus

    Le gouverneur militaire réaffirme que la sécurité et la paix demeurent des priorités absolues des autorités provinciales. Cette position répond à une attente légitime des habitants, qui souhaitent pouvoir circuler, travailler et vivre sans craindre les violences armées.

    Mais l’efficacité de cette communication se mesurera à des résultats observables. L’on pourrait citer la diminution des attaques, sécurisation des routes, protection des sites de déplacés, poursuites contre les détenteurs illégaux d’armes et restauration progressive de l’autorité de l’État.

    Le communiqué ne présente ni calendrier d’intervention ni indicateurs permettant d’évaluer les progrès attendus.

    Il reste également à savoir comment les autorités entendent articuler les opérations militaires, les mécanismes de désarmement et les poursuites judiciaires pour réduire durablement la circulation des armes.

    L’enjeu n’est donc pas seulement de rappeler l’interdiction. Il est de démontrer que celle-ci peut effectivement être appliquée, y compris dans les zones où les groupes armés continuent de défier l’autorité publique.

    Pour terminer, le communiqué du 15 octobre marque une prise de position « ferme » sur la détention illégale d’armes. Mais sa portée dépendra, dans une certaine mesure, de la « capacité » des autorités à transformer cette fermeté administrative en protection effective des civils.

    Pour les populations de l’Ituri, la véritable mesure de l’action publique demeure la sécurité retrouvée sur les routes, dans les villages et autour des sites de déplacés.

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    L’autre questionnement majeur est autour de l’opérationnalisation « effective » du P-DDRCS, ce programme du gouvernement congolais qui semble disposer peu de moyens en Ituri.

    Rédaction

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