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    Le gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Gaby Kasongo Mulumba Batoka, a réaffirmé l’interdiction du port et de la détention d’armes par les personnes étrangères aux forces de défense et de sécurité. Mais son communiqué, rendu public dans un contexte de recrudescence des violences à Djugu et à Mambasa, ne mentionne aucun groupe armé ni les récentes attaques ayant coûté la vie à plusieurs civils.

    Daté du 15 octobre 2026 à Bunia et transmis à Buniaactualite.cd vendredi 16 octobre dans la soirée par la cellule de communication du gouvernorat, ce communiqué officiel entend rassurer la population sur l’engagement des autorités à assurer sa sécurité.

    Le gouverneur militaire y réaffirme la détermination des forces de défense et de sécurité à protéger les personnes et leurs biens, à maintenir l’ordre public et à restaurer durablement l’autorité de l’État sur l’ensemble de la province.

    « La sécurité et la paix demeurent une priorité absolue des autorités provinciales », souligne le document.

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    L’autorité provinciale rappelle également que toute personne trouvée en possession d’une arme en dehors des forces de défense et de sécurité s’expose à une interpellation et à des poursuites judiciaires.

    Elle invite la population à ne pas protéger les détenteurs illégaux d’armes et à signaler les personnes suspectes aux services compétents.

    Un rappel sécuritaire dans un contexte de violences persistantes

    Si cette communication réaffirme une règle essentielle pour la sécurité publique, elle intervient dans un contexte où les préoccupations de la population dépassent largement la seule question du port illégal d’armes.

    Dans le territoire de Djugu, les violences attribuées à différents groupes armés continuent de susciter des inquiétudes. Des attaques imputées à la CODECO ont notamment visé des civils et des usagers de la route nationale numéro 27.

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    La mort de trois chauffeurs dans le secteur de Walendu Djatsi a récemment provoqué une vive indignation et entraîné une interruption temporaire de la circulation sur l’axe Bunia–Fataki. Des organisations de transporteurs ont réclamé des mesures concrètes pour sécuriser les déplacements.

    Les attaques signalées contre des sites de déplacés et les activités attribuées à la Convention pour la révolution populaire (CRP) figurent également parmi les préoccupations sécuritaires dans cette partie de l’Ituri.

    Dans le territoire de Mambasa, des organisations de la société civile ont, de leur côté, rapporté plusieurs incursions présumées des ADF dans des sites miniers de la chefferie de Babila-Babombi.

    L’Association pour la défense des droits des enfants et des femmes (APDEF) a notamment fait état d’au moins dix personnes tuées lors de trois attaques attribuées aux ADF les 14 et 15 octobre. Ce bilan reste à confirmer par les autorités compétentes.

    Ces événements ont donné lieu à des appels répétés demandant aux FARDC de renforcer les opérations contre les groupes armés et d’améliorer la protection des populations civiles.

    Des groupes armés absents du communiqué

    Malgré ce contexte, le communiqué du gouverneur militaire ne cite nommément ni la CODECO, ni la CRP, ni les ADF.

    Il ne contient pas non plus de condamnation explicite des récentes tueries rapportées à Djugu et à Mambasa, ni de message particulier adressé aux familles des victimes.

    Cette absence mérite d’être relevée, sans nécessairement conclure à une indifférence des autorités. Le document peut être compris comme un rappel général des règles de sécurité, plutôt que comme une communication consacrée au bilan des opérations militaires.

    Il reste néanmoins que, dans une province sous état de siège, où les habitants attendent des réponses aux attaques répétées, une prise de parole officielle sur la sécurité soulève aussi des attentes concernant les menaces concrètes et les mesures prises pour y répondre.

    Le communiqué ne précise pas si de nouvelles opérations sont envisagées contre les groupes armés, si des dispositions particulières ont été prises pour sécuriser la RN27 ou les sites de déplacés, ni quelles mesures sont prévues dans les zones minières de Mambasa.

    Un appel à la collaboration, mais des réponses opérationnelles attendues

    L’un des points forts du communiqué réside dans son appel à la responsabilité collective. En demandant aux habitants de signaler les détenteurs illégaux d’armes, le gouverneur rappelle que la prévention de l’insécurité nécessite aussi une collaboration entre les communautés et les services compétents.

    Le document affirme également la volonté de poursuivre les personnes impliquées dans la détention illégale d’armes, ce qui constitue un message de fermeté.

    Toutefois, il ne détaille pas les mécanismes permettant aux habitants de transmettre des alertes en toute sécurité, ni les dispositions destinées à protéger les personnes qui dénoncent des individus armés.

    Autre limite : l’interdiction est formulée de manière générale, sans distinguer les situations individuelles, les éventuelles autorisations prévues par la réglementation et les activités des groupes armés organisés, qui représentent une menace majeure pour la sécurité provinciale.

    La portée du communiqué apparaît donc essentiellement préventive et administrative. Son efficacité dépendra surtout des actions concrètes entreprises par les services de sécurité.

    Dans une province confrontée à des violences armées persistantes, le rappel de l’interdiction des armes constitue un message important. Mais il ne répond pas, à lui seul, aux interrogations sur la protection des civils, la sécurisation des axes routiers et la capacité des forces engagées à empêcher de nouvelles attaques.

    Pour les populations de Djugu, de Mambasa et des autres zones affectées, l’enjeu demeure désormais de voir comment les engagements réaffirmés par le gouverneur militaire se traduiront sur le terrain.

    Rédaction

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