À Bunia, la Coordination nationale du P-DDRCS et plusieurs partenaires engagés dans les projets du Fonds de Cohérence pour la Stabilisation (FCS) ont convenu de renforcer leur coordination. La rencontre du 6 octobre a surtout mis en lumière un problème : des interventions parfois dispersées, des activités qui se chevauchent et une collaboration jugée encore insuffisante avec la structure chargée de coordonner le processus DDRCS.
La question de la coordination des interventions de stabilisation était au centre des échanges mardi 6 octobre 2026 au Gouvernorat de l’Ituri.
Vingt-quatre participants ont pris part à cette rencontre entre la Coordination nationale du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS) et les partenaires de mise en œuvre des projets du Fonds de Cohérence pour la Stabilisation.
La MONUSCO/DDRS, le PNUD, l’OIM, ONU-Femmes et le BCNUDH figuraient notamment parmi les participants.
Les travaux ont été co-présidés par le Général-major David Antoine Mushimba, commandant de la 32e région militaire assurant l’intérim du gouverneur militaire, et Jean Bedel, directeur de cabinet du gouverneur militaire.
Du côté du P-DDRCS, les échanges ont été conduits par le Docteur Jean Pierre Kalombo, directeur de cabinet adjoint du Coordonnateur national.
Le constat : des interventions encore dispersées
L’objectif affiché était de rapprocher les différents acteurs intervenant dans la stabilisation de l’Ituri et de clarifier leurs rôles.
À l’ouverture, Jean Bedel a appelé les participants à renforcer la coordination, la collaboration et la complémentarité des interventions.
Le diagnostic présenté par Jean Pierre Kalombo a été plus direct.
Le responsable du P-DDRCS a déploré le manque de coordination entre certains acteurs, avec pour conséquences des interventions dispersées, une perte d’efficacité et, selon lui, un gaspillage des ressources.
Il a également évoqué des cas de duplication d’activités et un déficit de collaboration avec le P-DDRCS.
Parmi les exemples cités figure un projet avorté à Mahagi. Selon le facilitateur de la rencontre, une ONG y aurait mené des actions en empiétant sur les rôles du P-DDRCS et de l’Administrateur militaire.
Le P-DDRCS rappelle son mandat
Au cœur de la réunion : la place du P-DDRCS dans l’architecture de la stabilisation.
Jean Pierre Kalombo a rappelé que le Programme n’a pas vocation à observer simplement les interventions des partenaires. Il doit, selon le mandat qui lui est confié par l’ordonnance portant sa création, assurer la coordination du processus DDRCS.
L’article 3 de cette ordonnance définit quatre niveaux de responsabilité : l’orientation générale, la coordination, la direction ou supervision et l’exécution.
Le P-DDRCS se présente ainsi comme la structure nationale de référence pour le processus DDRCS en RDC.
Son rôle, a rappelé le responsable, consiste notamment à coordonner, harmoniser et aligner les actions des différents partenaires sur la Stratégie nationale.
Les partenaires prennent position
Les représentants de la MONUSCO/DDRS, du PNUD, de l’OIM, d’ONU-Femmes et du BCNUDH ont, à leur tour, pris la parole.
Ils ont réaffirmé leur volonté de travailler dans le respect du cadre légal du P-DDRCS et de renforcer la complémentarité entre leurs différentes interventions.
La rencontre a également permis, selon les participants, de clarifier les responsabilités et de renforcer la redevabilité dans la mise en œuvre des projets de stabilisation.
Le CCPAP appelé à jouer un rôle central
Parmi les principales recommandations figure l’opérationnalisation, au niveau provincial, du Cadre de Concertation pour la Paix et l’Appui au Programme (CCPAP).
Prévu par l’article 15 de l’ordonnance portant création du P-DDRCS, ce cadre doit être chapeauté par le gouverneur militaire de l’Ituri.
Pour les responsables présents à la rencontre, le CCPAP doit notamment servir d’espace d’arbitrage entre les différents partenaires et contribuer à remettre de la cohérence dans leurs interventions.
À la clôture, Jean Bedel a insisté sur trois éléments : le P-DDRCS reste la structure de coordination, les partenaires sont appelés à aligner leurs interventions sur la Stratégie nationale dans un esprit de transparence et les CCPAP doivent prochainement être opérationnels.
Les engagements pris au cours de la réunion doivent être consignés dans une matrice consolidée. Celle-ci servira notamment à alimenter le dossier qui sera présenté lors de la prochaine réunion du Comité de Pilotage, sous la présidence du Chef de l’État.
Pour les acteurs réunis à Bunia, l’objectif affiché est désormais de faire en sorte que les différentes interventions de stabilisation ne fonctionnent plus en ordre dispersé, mais qu’elles convergent vers un même objectif : produire un impact réel et durable au bénéfice des communautés de l’Ituri.
Verite Johnson

