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    Les populations de Kilo État et Kilo Mission, dans le territoire de Djugu, peuvent désormais accéder plus facilement à l’eau potable. Ce mardi 3 février 2026, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), à travers sa sous-délégation de Bunia, a procédé à la remise définitive de deux systèmes d’adduction d’eau potable aux communautés locales.

    La cérémonie officielle s’est déroulée en présence des autorités administratives et coutumières, ainsi que de nombreux habitants des deux centres, venus témoigner leur satisfaction face à cette réalisation attendue depuis longtemps.

    Lancés en février 2025, les travaux ont porté sur le captage des sources, la mise en place de réservoirs de stockage, l’installation de systèmes de pompage alimentés à l’énergie solaire et la construction de bornes-fontaines. Ces infrastructures vont desservir onze localités, pour une population estimée à plus de 20 000 personnes, y compris les centres de santé de Kilo État et de Kilo Mission.

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    Le secteur des Banyali Kilo est confronté depuis 2017 à des cycles récurrents de conflits et de violences armées, qui ont entraîné des déplacements pendulaires et fragilisé davantage les conditions de vie des communautés. L’accès à l’eau potable figurait parmi les besoins les plus urgents.

    « Nous sommes contents que CICR nous viennent en aide. Même le plus petit enfant Kilo est content de CICR (…) la population avait du mal a accéder à leau potable », s’est réjoui le chef du secteur des Banyali Kilo.

    Dans cette zone enclavée et montagneuse, l’instabilité sécuritaire et la dégradation des infrastructures hydrauliques rendaient l’approvisionnement en eau particulièrement difficile. Les sources, situées en contrebas des montagnes, étaient régulièrement endommagées par les eaux de pluie, compromettant la qualité de l’eau disponible.

    « Nos entités sont entourées de montagnes et toutes les bornes fontaines étaient situées aux pieds de montagnes. Les eaux de pluie endommageaient les sources au point que nous n’avions plus d’eau potable. Ramener l’eau dans la cité était le rêve de toute une communauté et le CICR vient de le concrétiser. En plus, la guerre a aggravé cette problématique parce que toute la population à la recherche de l’eau, particulièrement les femmes, était exposée à la violence », a déclaré Innocent Madukadala, chef de secteur des Banyali Kilo.

    Les conséquences sanitaires de cette situation étaient lourdes. Selon les structures de santé locales, les maladies d’origine hydrique figurent depuis plusieurs années parmi les principaux problèmes de santé publique à Kilo.

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    Les habitants étaient contraints de parcourir de longues distances pour s’approvisionner en eau souvent impropre à la consommation, tout en s’exposant à des risques sécuritaires liés à la présence de groupes armés.

    Au-delà de l’accès à l’eau, le CICR déploie une réponse multisectorielle dans la zone. En 2025, d’autres ouvrages d’adduction d’eau ont été réalisés sur le même axe à Kobu, ainsi qu’à Bambu en collaboration avec la Croix-Rouge de la RDC, et à Nizi, afin d’améliorer durablement l’accès à l’eau potable pour les populations locales.

    Le CICR appuie également les centres de santé de Kilo État et de Kilo Mission en intrants médicaux, en renforcement des capacités et à travers une enveloppe forfaitaire destinée à la prise en charge du personnel. Cette assistance vise à faciliter l’accès aux soins de santé primaires pour les communautés affectées.

    En 2025, 20 781 personnes ont ainsi consulté gratuitement dans ces deux structures sanitaires, tandis que 170 personnes ont bénéficié de services de santé mentale et de soins psychosociaux. Par ailleurs, plusieurs personnes vivant avec un handicap ont reçu des services de réadaptation physique au centre de Rwankole, à Bunia, soutenu par le CICR.

    « Nos équipes contribuent aux efforts de résilience de ces communautés longtemps affectées par le conflit et la violence armés, en apportant une réponse aux besoins, les plus urgents. En plus d’améliorer les conditions de vie, elles maintiennent un dialogue continu avec les porteurs d’armes étatiques et non-étatiques afin d’adresser les préoccupations des communautés à leur égard », a souligné Alfred Wadie, chef adjoint de la sous-délégation du CICR à Bunia.

    Fidèle à son mandat exclusivement humanitaire, le CICR poursuit ses actions pour alléger les conséquences des conflits armés, en veillant à la protection des populations affectées et en leur fournissant une assistance impartiale, neutre et indépendante.

    Rédaction

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