L’administration militaire de l’Ituri, via son porte-parole le lieutenant Jules Ngongo, a récemment demandé aux déplacés de guerre de regagner leurs localités respectives, estimant que la situation sécuritaire s’est nettement améliorée. Néanmoins, au sein des communautés, la crainte demeure et l’inquiétude s’accentue.
Le 27 novembre 2025, l’Union des associations culturelles pour le développement de l’Ituri présente une inquiétude face à cet appel de l’armée qui, selon plusieurs sources locales, n’a pas de garantie sécuritaire d’accompagnement.
A lire aussi : Ituri : L’armée exhorte les déplacés à regagner leurs villages
Cette corporation regroupant toutes les 21 communautés ituriennes estime qu’il serait tôt de demander à ces démunis de regagner chez eux car les groupes armés, notamment CODECO, détiennent encore leurs armes bien que du côté Zaïre, il y ait remise volontaire depuis un temps auprès du P-DDRCS et du secteur opérationnel Ituri à travers une sensibilisation entamée par le député national Daniel Uyewa.
Pour Meta Wani Michel, président de l’UNADI, la même sensibilisation du côté autodéfense Zaïre doit être aussi faite chez la milice Coopérative pour le développement du Congo CODECO, considérée, jusqu’à présent par plusieurs rapports sécuritaires, comme nuisible nonobstant l’accalmie à Djugu.
La jeunesse aussi s’en mêle
Pour la jeunesse provinciale, demander aux déplacés de rentrer dans leurs villages pendant que les groupes armés ont leurs armes serait une manière d’illégitimer l’État congolais représenté en Ituri par l’état de siège. Deogratias Bungamuzi, président de cette structure juvénile, propose qu’il y ait un plan sérieux et rassurant pour envisager la sécurité de la population démunie.
« C’est tôt de dire à ces déplacés de regagner leurs villages car sur le plan garantie sécuritaire, oui l’armée fait un travail mais des groupes armés actifs dans leurs zones, ont-ils déposé leurs armes ? Non », s’exclame Bungamuzi dans des propos recueillis par buniaactualite.cd
Dans son message du 26 novembre, l’administration militaire de l’Ituri, qui lance cet appel, évoquait comme cause l’amélioration de la situation sécuritaire dans plusieurs villages de Djugu, Irumu, voire Mambasa, où des militaires FARDC ont été renforcés en effectif, mais également l’aspect que ces sites constitueraient des boucliers pour certains miliciens CRP où ils partent se cacher après leurs atrocités.
A lire aussi : Reflet persistant de l’insécurité dans l’est de la RDC : au moins 23 civils tués par la CODECO en octobre
Nickson Manzekele

