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    La milice de la CODECO continue de semer la terreur en Ituri, province sous état de siège. Au cours du mois d’octobre, elle a été impliquée dans au moins quatre affrontements armés dans les villages de Liko, Dada, Mbudjona et Jiba, rappelle un rapport mensuel du Baromètre sécuritaire du Kivu, projet d’Ebuteli.

    Dans ces attaques, la milice a été responsable de la mort d’au moins 23 civils et de l’enlèvement d’au moins 11 autres personnes, principalement dans les territoires de Djugu, son bastion traditionnel, et de Mahagi, où elle a récemment installé un nouveau commandement à la tête de ses différentes factions dans les chefferies de Mokambo et Djukoth, précise ce rapport.

    Le 9 octobre, les éléments de la CODECO ont attaqué les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans le village de Liko, en territoire de Djugu. Lors de leur retrait, les miliciens ont tué neuf agriculteurs dans leurs champs.

    Ces faits confirment que la capacité opérationnelle de la milice reste intacte malgré les efforts sécuritaires et militaires déployés dans la province.

    A lire aussi : Activisme de la Codeco en Ituri : 5 villages de Djugu encore attaqués simultanément, 2 cas de meurtre notifiés 

    Quid d’autres groupes armés actifs en province et ailleurs ?

    Selon le rapport, au cours du mois d’octobre, les FARDC ont intensifié leurs offensives contre la Convention pour la révolution populaire (CRP), notamment en ciblant son bastion à Nyamamba.

    Affaiblie par des tensions internes, la CRP a connu la défection de 54 combattants en août, suivie en octobre par la démission de plusieurs de ses hauts cadres. Ces derniers ont dénoncé la gestion autoritaire et les dérives internes du mouvement.

    Au total, la CRP a subi six offensives militaires avec appui aérien dans les localités de Datule, Fitchama, Loromi, Buki, Kasenyi et Nyamamba, marquant une pression croissante des FARDC contre cette rébellion, précise le rapport.

    S’agissant de l’activisme des terroristes MTN/ISCAP (ADF), le baromètre sécurité du Kivu indique avoir documenté 19 incidents qui leur sont attribués. Mambasa et Irumu sont les deux provinces de l’Ituri, toujours dans le viseur de ces terroristes. Là, 8 incidents ont été enregistrés avec 5 personnes tuées.

    Par contre c’est dans le Nord-Kivu, en territoire de Lubero, où le plus choquant bilan a été vérifié. 70 civils ont péri pendant les attaques.

    « Le groupe s’est montré offensif à l’égard de ces deux forces armées et des Wazalendo au cours du mois d’octobre. Les ADF, affiliés à l’organisation de l’État islamique depuis 2017, ont initié deux affrontements contre la coalition FARDC-UPDF, et deux autres contre les Wazalendo/FARDC », peut-on lire dans le rapport.

    Le projet Baromètre sécuritaire du Kivu rappelle cependant dans son rapport le rôle majeur de l’AFC/M23 dans la détérioration de la situation sécuritaire dans l’Est du pays.

    Pour lui, en dépit de la poursuite des processus de Washington et Doha, les affrontements se sont poursuivis et aggravés pendant la période sous revue.

    Alors que les M23 et les Wazalendo n’ont cessé de combattre, les FARDC semblaient respecter le cessez-le-feu pour leur part.

    Cependant en octobre, ils ont finalement combattu ouvertement avec notamment des opérations aériennes et l’utilisation des drones pour cibler les positions et infrastructures aux mains du M23 au Nord et au Sud-Kivu, dont ceux de Kalembe, Mpeti, Ihula, Kibati et la mine d’or de Twangiza doublement ciblée les 15 et 23 octobre.

    « Sur 145 affrontements documentés par le KST durant le mois d’octobre, 89 ont été enregistrés en lien avec la crise du M23 au Nord et Sud-Kivu. La rébellion était à l’origine de 55 affrontements et a été attaquée 34 fois. Les combattants M23 ont accru des opérations militaires dans la chefferie de Bwito (territoire de Rutshuru), contre les positions des Nyatura, du Collectif du changement (CMC), de Domi et des FDLR », peut-on retrouver dans ce rapport.

    En tout, le rapport mensuel du Baromètre sécuritaire du Kivu, projet d’Ebuteli, relève 145 affrontements armés dans les trois provinces les plus meurtrières de la RDC au cours du mois d’octobre. M23, ADF et CODECO demeurent les mouvements criminels les plus meurtriers. Ce en dépit des efforts diplomatiques, politiques et sécuritaires mis en place pour restaurer l’autorité de l’État dans cette partie du pays.

    Rédaction

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