La province de l’Ituri traverse l’une des périodes les plus préoccupantes de ces derniers mois. Entre les attaques répétées des rebelles ADF, les violences communautaires persistantes dans certaines entités, les déplacements massifs de populations et l’alerte à l’épidémie d’Ebola, la situation sécuritaire et humanitaire continue de se dégrader dans plusieurs territoires.
Depuis le début du mois de mai, les attaques attribuées aux combattants des Allied Democratic Forces (ADF) se multiplient notamment dans les territoires de Mambasa et d’Irumu. Biakato, Makumo, Beu-Manyama ainsi que plusieurs localités situées le long de la RN4 figurent parmi les zones les plus touchées.
À Biakato, les incursions meurtrières des ADF ont provoqué une psychose généralisée au sein de la population. Plusieurs civils ont été tués, des maisons incendiées et des personnes portées disparues. Malgré les opérations militaires annoncées, de nombreuses voix dénoncent l’insuffisance de la réponse sécuritaire.
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Le député national Ézéchiel Kambale, élu de Mambasa, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie « d’inaction » voire de « complicité » de certains services de sécurité face à la persistance des massacres contre les civils.
Pendant ce temps, dans le territoire de Beni voisin, les autorités de Mangina ont renforcé les mesures sécuritaires face aux mouvements signalés des ADF dans les environs. La circulation des personnes et des engins roulants y est désormais interdite après 22 heures afin de limiter les risques d’infiltration et de nouvelles attaques.
Dans le territoire de Djugu, l’insécurité reste également persistante avec de nouvelles attaques attribuées à la milice CODECO. Plusieurs déplacés ont été tués, jeudi, alors qu’ils se rendaient dans leurs champs ou cherchaient du bois de chauffage dans la chefferie des Bahema Nord.
La société civile locale dénonce « des attaques ciblant des populations civiles déjà vulnérables vivant dans les sites de déplacés ». Cela arrive au lendemain de l’annonce de la CRP d’entamer un cessez-le-feu unilatéral.
Parallèlement aux violences armées, certaines tensions communautaires continuent de fragiliser la cohésion sociale. Dans les territoires d’Aru et de Mahagi, des affrontements liés à un présumé vol de moto ont causé des morts, des incendies de maisons et plusieurs blessés, ravivant les inquiétudes autour de possibles conflits intercommunautaires.
À cette situation sécuritaire déjà préoccupante s’ajoute désormais une menace sanitaire majeure. Le Centre Africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) a alerté sur une possible épidémie d’Ebola dans les zones de santé de Mongbwalu et Rwampara.
Selon les premières données relayées, plusieurs dizaines de décès suspects auraient déjà été enregistrés tandis que des analyses menées par l’Institut National de Recherche Biomédicale auraient détecté des cas positifs à un ebolavirus non-Zaïre. Les autorités congolaises n’ont pas encore officiellement confirmé l’épidémie, mais la société civile appelle déjà à des mesures urgentes afin de limiter une éventuelle propagation de la maladie.
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Cette menace sanitaire survient dans un contexte où plusieurs structures médicales fonctionnent difficilement à cause de l’insécurité. À Nia-Nia notamment, certains centres de santé ont fermé suite aux attaques des groupes armés, compliquant davantage l’accès aux soins pour les populations locales.
Malgré ce contexte difficile, constante buniaactualite.cd, certaines initiatives locales tentent de maintenir la résilience communautaire. Des activités de cohésion sociale, des remises d’activités génératrices de revenus aux groupes de dialogue et jeunes ambassadeurs de paix à Aru, la structuration de l’Union Nationale de la Presse du Congo à Mambasa ou encore les sensibilisations sanitaires dans les écoles témoignent de la volonté de plusieurs acteurs de préserver le tissu social.
Mais pour de nombreux observateurs, sans amélioration durable de la situation sécuritaire, les efforts humanitaires, éducatifs et économiques risquent de rester fortement limités.
Alors que les populations continuent de vivre entre peur, déplacements et incertitudes, les appels se multiplient en direction des autorités congolaises et des partenaires internationaux afin de renforcer la protection des civils et d’éviter une aggravation de la crise dans cette province de l’est de la RDC.
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