La milice Convention pour la Révolution Populaire (CRP) a annoncé un cessez-le-feu après quelques années de violences armées dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans un communiqué relayé jeudi 14 mai 2026 et signé par Thomas Lubanga, le mouvement indique que cette décision s’inscrit dans le cadre d’un « pré-dialogue » qui devrait être engagé avec le gouvernement congolais sous facilitation de l’Ouganda.
Cette annonce intervient quelques jours après le séjour d’une délégation du gouvernement congolais à Kampala (y compris le président Tshisekedi), où Thomas Lubanga réside depuis plus d’une année.
Le territoire de Djugu reste l’une des zones les plus affectées par l’insécurité en Ituri depuis 2017, avec plusieurs attaques attribuées notamment à la CRP et à d’autres groupes armés actifs dans la région.
Si cette déclaration suscite de l’espoir auprès de certaines populations déplacées par les violences, plusieurs observateurs estiment que seuls des actes concrets sur le terrain permettront d’évaluer la réelle volonté de la milice de respecter ce cessez-le-feu.
Réagissant à cette annonce, le lieutenant Jules Ngongo, conseiller en communication du gouverneur militaire de l’Ituri, affirme avoir appris la nouvelle « comme tout le monde ».
Il rappelle que les autorités provinciales ont toujours privilégié une solution pacifique aux conflits armés dans la province, tout en insistant sur le retour des déplacés dans leurs villages, notamment dans la région de Bule, fortement touchée par les violences.
« À qui a profité la guerre ? », s’est interrogé l’officier avant d’ajouter : « Pourquoi avez-vous pris les armes et aujourd’hui vous êtes dans un processus visant à les abandonner ? »
Jules Ngongo reste également prudent quant à la nature réelle du « pré-dialogue » évoqué par la CRP. Il rappelle la position du gouverneur militaire de l’Ituri qui plaide pour des enquêtes indépendantes afin d’identifier l’origine du financement ainsi que l’arsenal militaire utilisé par ce mouvement armé.
A lire aussi : Ituri : sur RFI, Luboya accuse la CRP et dédouane la CODECO
Jusqu’à présent, aucune source officielle à Kinshasa n’a confirmé formellement l’ouverture d’un dialogue avec la CRP. Les réactions enregistrées jusque-là reposent essentiellement sur le communiqué publié par le mouvement armé.
Rédaction

