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    Cela fait exactement huit ans que les premiers sites de déplacés ont été créés en Ituri, province de l’est de la République démocratique du Congo. Au lendemain de premières attaques meurtrières de la milice de la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO).

    Les deux premiers sites, à l’ISP/Bunia et à Kigonze, avaient été érigés un an après l’arrivée de populations fuyant l’instabilité sécuritaire, qui s’étaient initialement réfugiées à l’hôpital général de Bunia.

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    Après ces sites, d’autres se sont multipliés après le 04 février 2018 à travers la province de l’Ituri. Tout a commencé fin 2017 à la suite de plusieurs attaques meurtrières dans de nombreux villages du territoire de Djugu par des assaillants, baptisés après «CODECO».

    L’Association des déplacés victimes de guerre (ADVG) reste optimiste quant à un retour possible dans leurs communautés d’origine.

    « Après huit ans, nos frères et sœurs déplacés vivent toujours dans des conditions déplorables », a déclaré à buniaactualite.cd Olivier Bavi Karba, communicateur de l’ADVG.

    Il appelle le gouvernement à instaurer une paix durable afin que les déplacés puissent rentrer chez eux.

    À ce jour, selon les chiffres officiels de cette structure s’occupant des personnes déplacées, 68 sites accueillent les populations déplacées dans l’ensemble de la province. Des organisations humanitaires parlent de plus d’un million et demi de déplacés sur l’ensemble de la province de l’Ituri.

    La ville de Bunia, siège des institutions provinciales, entame l’année 2026 sans que les sites de déplacés situés dans la ville ou dans ses environs ne soient fermés.

    Par ailleurs, dans ses récentes déclarations à la presse, le lieutenant-général Luboya N’Kashama Johnny s’est félicité d’avoir pacifié 80 % de l’Ituri. Il dirige cette province, ainsi que le Nord-Kivu, placés sous état de siège depuis près de cinq ans, une mesure exceptionnelle prise par le chef de l’État pour rétablir la paix.

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    Si certaines couches de la société saluent ces réussites, d’autres dénoncent au contraire un échec, estimant qu’aucun groupe armé n’a été officiellement anéanti dans les deux provinces.

    Lydia Tchombe

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