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    Depuis le 2 décembre 2025, le Sud-Kivu vit à nouveau au rythme de la peur, de la fuite et de l’incertitude. Dans plusieurs territoires de la province comme Uvira, Walungu, Mwenga, Shabunda, Kabare, Fizi et Kalehe la reprise et l’intensification des affrontements armés ont brutalement bouleversé la vie des populations civiles.

    Selon les autorités locales citées dans le rapport de la situation humanitaire publié le 12 décembre 2025 par OCHA, la société civile et les acteurs humanitaires présents sur le terrain, plus de 500 000 personnes sont aujourd’hui en mouvement à l’intérieur de la province. Des familles entières ont quitté leurs villages en urgence, souvent sans rien emporter, cherchant refuge là où elles espèrent simplement survivre. Femmes, enfants, personnes âgées marchent pendant des heures, parfois des jours, pour échapper aux violences.

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    Si, dans certaines zones, une accalmie relative permet à quelques ménages de tenter un retour prudent, la réalité demeure alarmante : la majorité des déplacés reste loin de chez elle, vivant dans des conditions extrêmement précaires. Les sites d’accueil improvisés, les familles hôtes déjà vulnérables et les infrastructures communautaires sont sous une pression immense. L’accès à l’eau potable, aux soins de santé et à l’alimentation devient chaque jour plus difficile.

    À cette crise sécuritaire s’ajoute une menace sanitaire grandissante. Le manque d’hygiène, la promiscuité et l’insuffisance des services de santé exposent les populations déplacées à des risques élevés d’épidémies, notamment le choléra et la mpox. Pour beaucoup, fuir les armes signifie désormais affronter la maladie et la faim.

    Cette nouvelle vague de déplacements intervient dans un contexte déjà critique. Avant même cette escalade de violences, le Sud-Kivu comptait plus de 1,2 million de personnes déplacées internes. Les capacités locales étaient déjà dépassées, les services sociaux fragilisés, et les mécanismes de solidarité mis à rude épreuve.

    Pendant ce temps, la crise déborde les frontières provinciales. Plus de 27 000 nouvelles personnes déplacées ont trouvé refuge dans la province voisine du Tanganyika, fuyant le Sud-Kivu à la recherche d’un semblant de sécurité. Là aussi, les besoins humanitaires augmentent rapidement.

    Derrière ces chiffres, il y a des visages, des histoires brisées, des lendemains suspendus. Le Sud-Kivu ne fait pas face à une simple statistique humanitaire, mais à une urgence humaine profonde, où chaque jour de silence coûte des vies et où l’espoir tient parfois à un geste de solidarité, à une aide qui arrive à temps, ou à une paix qui tarde encore à s’installer.

    Rédaction

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