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    Dans une salle de classe de l’institut du complexe scolaire de Bunia Kabegele, une leçon essentielle se déroule, bien éloignée des mathématiques ou du français. Le 27 novembre 2025, sous le thème « Unis pour la sécurité : mettre fin à la violence sexuelle et basée sur le genre (VBG) », la MONUSCO Bangladesh a éveillé les élèves de 4ᵉ année d’humanités à reconnaître, nommer et combattre un fléau qui ronge la société.

    Cette séance de sensibilisation, bien plus qu’un simple cours, est devenue une véritable leçon de vie pour ces adolescents confrontés quotidiennement à diverses formes de violence.

    « Quand vous empêchez votre femme d’aller travailler ou de percevoir son salaire, c’est une forme de violence économique », explique un élève avec une clarté qui surprend.

    Dans la région, où les traditions séculaires côtoient les conflits armés, la nécessité de ces dialogues apparaît comme une évidence criante.

    La séance, animée par un commandant de la MONUSCO, prend des allures de consultation collective. Les questions fusent, directes et sans détour : mariages précoces, mutilations, violences psychologiques.

    Tous ces sujets habituellement tus sont mis sur la table. « Nous allons nous battre contre cela. Si quelqu’un parmi vous ici envisage de se marier avant 18 ans, nous allons les chercher », prévient l’officier, marquant la gravité de la situation.

    Ce qui rend cette initiative exceptionnelle, c’est sa transformation immédiate en applications concrètes. Les élèves ne se contentent pas d’écouter passivement ; ils deviennent acteurs de leur propre apprentissage.

    « Vous avez des amis ; que ce soit les garçons ou les filles, éduquez les autres. Dites à ces gens-là de ne pas violer le droit des autres », insiste le commandant, faisant des adolescents des ambassadeurs de la lutte contre les VBG.

    Cette approche participative crée un effet multiplicateur essentiel dans une région où les canaux traditionnels de sensibilisation peinent à atteindre toute la population.

    Les effets de cette leçon de vie se mesurent aux témoignages recueillis à la sortie de la session. Belling Uyera, élève en 4ᵉ scientifique, confie : « J’ai appris autre chose que je ne savais pas : la violence, c’est l’usage de la force. On oblige quelqu’un à faire quelque chose sans son consentement. »

    Pour Feza Idris, un autre élève, l’enseignement dépasse le cadre théorique : « Mon conseil est que les gars cessent de déranger les filles parce que nous sommes tous égaux. » Cette compréhension intuitive des mécanismes d’égalité et de respect témoigne de l’efficacité de l’approche.

    L’urgence de la situation transforme cette séance en bien plus qu’un exercice scolaire. Les participants deviennent des relais cruciaux pour diffuser le message dans leurs familles et communautés. « Ils doivent dire aussi à leurs amis de ne plus pratiquer ou fréquenter des gens violents », recommande Belling Uyera, consciente de sa nouvelle responsabilité.

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    Dans une région où, comme le note un participant, « les groupes armés violent, détruisent et tuent dans nos communautés », cette éducation à la non-violence et au respect entre les genres apparaît comme un outil de résilience essentiel.

    Alors que le soleil décline sur Bunia, les élèves quittent la salle de classe avec bien plus que des connaissances académiques. Ils emportent avec eux les outils pour reconnaître la violence, le courage pour la dénoncer, et la conviction qu’un changement est possible, en commençant par eux-mêmes.

    En outre, la MONUSCO a renforcé le secteur de santé de l’école par des consultations gratuites, un acte qui a été apprécié par les autorités scolaires.

    Grace Kasemire

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