Les tensions persistent au sein de la riposte contre la Maladie à virus Ebola en Ituri. Des prestataires chargés des enterrements dignes et sécurisés (EDS) ont de nouveau manifesté, ce lundi 13 juillet, à l’Hôpital général de référence de Bunia pour dénoncer le non-paiement de leurs primes.
Au même moment, un autre groupe de manifestants a scellé le portail principal de l’Hôpital général de référence de Rwampara, dans le groupement Tséré, perturbant les activités de cette structure sanitaire afin d’exiger le paiement de leurs prestations.
Cette nouvelle mobilisation intervient quelques jours seulement après une série de mouvements similaires observés dans plusieurs structures de santé de la province, illustrant la persistance du malaise parmi les intervenants de première ligne engagés dans la riposte.
Au regard de cette situation, Isaac Nyakulinda, de la société civile locale, appelle les autorités sanitaires à intervenir rapidement.
Dans un message partagé sur internet, un autre acteur social a insisté sur la responsabilité du gouvernement dans cette affaire qui semble prendre une tournure pas « intéressante ».
« Il faut une réaction rapide afin d’éviter que cette crise ne perturbe davantage la riposte contre Ebola et n’entraîne des conséquences au sein de la communauté », plaide-t-il.
A lire aussi : Riposte Ebola en Ituri : les prestataires réclament le paiement de leurs primes et interpellent le gouverneur
Cette reprise des manifestations intervient alors que le ministre de la Santé, Roger Samuel Kamba Mulamba, avait assuré, lors de son récent séjour à Bunia, que la question des arriérés de paiement serait résolue. Depuis, le ministre s’est rendu à Kisangani, dans la province de la Tshopo, pour poursuivre les activités liées à la riposte contre l’épidémie.
Au-delà des revendications salariales, cette crise alimente de nouvelles interrogations sur le fonctionnement de la riposte. Dans l’opinion publique iturienne, les retards répétés de paiement ravivent les débats sur la gestion des ressources financières mobilisées pour combattre l’épidémie.
Ces préoccupations font écho aux appels récents de plusieurs organisations de la société civile, qui ont demandé davantage de transparence dans la gestion des fonds de la riposte ainsi que la publication régulière des dépenses engagées.
Elles interviennent également après la diffusion d’un mémorandum des prestataires dénonçant notamment les retards de paiement, le manque de moyens opérationnels et les conditions de travail.
Dans un contexte où les enterrements dignes et sécurisés constituent l’un des piliers essentiels de la lutte contre Ebola, plusieurs observateurs estiment qu’une interruption prolongée des activités ou une démobilisation des équipes pourrait compromettre les efforts visant à interrompre les chaînes de transmission du virus.
Rédaction

