Des membres des équipes engagées dans la riposte contre la Maladie à virus Ebola en Ituri ont adressé, le 5 juillet, un mémorandum au gouverneur militaire de la province ainsi qu’au commandant des opérations. Ils y dénoncent plusieurs difficultés qui, selon eux, affectent le bon déroulement des interventions sur le terrain.
Au cœur de leurs revendications figure le non-paiement des prestations depuis le début de l’épidémie. Les signataires estiment que cette situation fragilise les conditions de vie des intervenants et risque de compromettre l’efficacité de la riposte.
« Depuis la déclaration de l’épidémie de la maladie à virus Ebola, nous réclamons le paiement de nos prestations régulièrement accomplies. Cette situation nous expose, ainsi que nos familles, à d’importantes difficultés socio-économiques et compromet gravement nos conditions de vie », écrivent-ils dans leur mémorandum.
Les prestataires jugent également insuffisant le barème de rémunération actuellement appliqué. Ils demandent qu’il soit porté à 76 dollars américains par jour et sollicitent la suppression de l’impôt professionnel sur les rémunérations (IPR), estimant que les montants perçus constituent des primes et non des salaires.
Le document évoque par ailleurs des tensions dans la coordination de la riposte. Les auteurs dénoncent notamment ce qu’ils qualifient d’« arrogance » de certains membres d’équipes venues de Kinshasa envers les intervenants locaux et les autorités provinciales. Ils critiquent aussi le recours important à une main-d’œuvre provenant d’autres provinces, plaidant en faveur d’un recrutement prioritaire des ressources humaines locales.
Les équipes de terrain soulignent également le manque de moyens logistiques indispensables à leurs missions quotidiennes.
« Riposte égale moyens », résument les signataires, qui réclament un renforcement des équipements et des ressources nécessaires aux opérations.
Dans leur mémorandum, les prestataires demandent au gouverneur militaire d’intervenir personnellement afin qu’une solution soit trouvée dans un délai de 24 heures, notamment concernant le paiement des prestations accumulées.
Ce document intervient alors que la province de l’Ituri poursuit sa lutte contre l’épidémie d’Ebola dans un contexte marqué par l’insécurité, la multiplication des foyers de contamination et les appels répétés des autorités à renforcer la mobilisation communautaire.
Jusque-là, ni le gouvernorat de l’Ituri, ni la coordination provinciale de la riposte n’a officiellement réagi au contenu de ce mémorandum.
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