Le gouvernement congolais a dénoncé la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), mouvement politico-militaire dirigé par l’ancien président Joseph Kabila. Lors du Conseil des ministres du vendredi 23 octobre 2026, à Kinshasa, l’exécutif a présenté cette nouvelle structure comme une continuité de la rébellion AFC/M23, qu’il accuse de soutenir les intérêts du Rwanda.
La question a été abordée par le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, lors de la présentation de son rapport sur l’état du territoire national.
Selon le compte rendu de cette 101ᵉ réunion du Conseil des ministres, le gouvernement affirme que l’état d’esprit de la population a été marqué par des condamnations consécutives à ce qu’il qualifie d’« officialisation de la prise des armes » par l’ancien chef de l’État sous le label FRN.
Kinshasa présente cette organisation comme un « M23/AFC rénové, supplétif de l’agresseur rwandais ». Cette appréciation intervient près de deux semaines après l’annonce officielle du FRN, le 12 octobre à Goma, ville sous contrôle de l’AFC/M23, dans le Nord-Kivu.
Dirigé par Joseph Kabila, le nouveau mouvement a annoncé succéder à l’Alliance Fleuve Congo (AFC).
Plusieurs responsables de cette ancienne coalition figurent dans sa direction, notamment Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga.
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Dans sa déclaration constitutive, le FRN affirme vouloir contester le pouvoir du président Félix Tshisekedi, y compris par le recours à la force. Ses responsables invoquent notamment l’article 64 de la Constitution congolaise pour justifier leur démarche.
Cette interprétation est contestée par les autorités de Kinshasa, qui présentent le mouvement comme une nouvelle expression de la rébellion active dans l’est du pays.
Dans son rapport au Conseil des ministres, le vice-Premier ministre de l’Intérieur a également fait référence à une prise de position du président de la Commission de l’Union africaine, saluant les efforts en faveur du dialogue national et condamnant le recours à la force pour accéder au pouvoir.
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Cette référence ne signifie toutefois pas nécessairement que l’Union africaine a adopté toutes les qualifications formulées par le gouvernement congolais à l’encontre du FRN.
La création du mouvement a également suscité des divergences dans l’entourage politique de Joseph Kabila. Plusieurs collaborateurs de l’ancien président ont annoncé leur désolidarisation après son rapprochement officiel avec les dirigeants de l’AFC/M23.
Au-delà du changement de dénomination, la nouvelle structure soulève des interrogations sur l’évolution du commandement politico-militaire de la rébellion et les conséquences possibles pour les initiatives de paix engagées dans l’est de la RDC.
À ce stade, le compte rendu du Conseil des ministres du 23 octobre ne fait pas état de nouvelles mesures spécifiques arrêtées contre le FRN.
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Il réaffirme principalement la lecture politique et sécuritaire du gouvernement concernant cette organisation désormais dirigée par Joseph Kabila.
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