Le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia, a conduit samedi 24 octobre 2026 une marche populaire à Kisangani contre la rébellion et en soutien au président Félix Tshisekedi.
Cette manifestation s’est tenue en pleine épidémie d’Ebola, alors que la même autorité provinciale avait interdit, en septembre, une marche de l’opposition en invoquant des impératifs sanitaires.
De nombreuses catégories de la population ont participé à cette mobilisation, notamment des membres du gouvernement provincial, des députés, des représentants des confessions religieuses, des responsables d’établissements universitaires et des jeunes.
Lors du rassemblement organisé à la place de la Poste, Paulin Lendongolia a dénoncé les violences armées dans l’est de la République démocratique du Congo, accusant notamment l’ancien président Joseph Kabila et Corneille Nangaa d’être impliqués dans la déstabilisation du pays.
Pour justifier cette mobilisation, le gouverneur a rappelé les conséquences des conflits armés qui ont marqué Kisangani, notamment les affrontements successifs ayant endeuillé la ville.
« Cette ville de Kisangani a connu plusieurs formes de guerre, notamment la guerre d’un jour, la guerre de trois jours et la guerre de six jours. Jusqu’à ce jour, nos victimes ne sont pas encore totalement indemnisées », a-t-il déclaré.
Selon lui, les indemnisations, même intégrales, ne suffiraient pas à effacer les souffrances des familles touchées par ces violences.
Le gouverneur a également réaffirmé son soutien au président Félix Tshisekedi, estimant que les changements politiques doivent intervenir par les mécanismes constitutionnels et non par le recours aux armes.
« Nous avons une Constitution qui établit les normes et les procédures à suivre pour accéder à la gestion des institutions, et non prendre les armes contre le pays », a-t-il insisté.
Ces déclarations expriment la position politique de l’autorité provinciale. Les accusations formulées contre Joseph Kabila ne constituent pas, à elles seules, une démonstration de son éventuelle responsabilité dans les opérations militaires en cours.
Mais au-delà des prises de position politiques, la tenue de cette manifestation remet au premier plan une question sanitaire et institutionnelle déjà soulevée par Buniaactualite.cd.
Le 11 septembre dernier, Paulin Lendongolia avait interdit une marche de la coalition d’opposition Article 64, prévue quatre jours plus tard à Kisangani. Dans un communiqué officiel, il invoquait les risques de propagation d’Ebola et mettait en garde les organisateurs contre toute violation des restrictions sanitaires.
Le 30 septembre, le gouverneur avait encore dénoncé publiquement le non-respect des interdictions visant les rassemblements et les manifestations.
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Pourtant, ce samedi 24 octobre, une mobilisation populaire organisée à son initiative s’est effectivement déroulée dans la même ville, alors que l’épidémie se poursuit.
Selon le bilan épidémiologique arrêté au 21 octobre et repris par des médias, la Tshopo comptabilisait 76 cas confirmés d’Ebola et plus de 30 décès.
Avant la marche, le porte-parole du gouverneur, Me Michel Biambe, avait pourtant annoncé la mise à disposition de solutions hydroalcooliques et le respect de la distanciation physique entre les participants.
Les informations disponibles ne permettent pas de déterminer précisément dans quelle mesure ces dispositions ont été appliquées sur l’ensemble du parcours. Elles ne permettent pas non plus d’établir qu’une contamination se serait produite pendant la manifestation.
Il reste également à clarifier si les restrictions provinciales précédemment invoquées contre les rassemblements avaient été officiellement levées ou si un dispositif particulier avait été autorisé pour cette mobilisation.
La manifestation constitue néanmoins un fait nouveau dans la controverse entourant les décisions du gouverneur. La différence entre l’interdiction de septembre et la mobilisation d’octobre n’est désormais plus seulement une question d’annonces. Les deux décisions ont produit des effets concrets sur l’exercice de la liberté de manifestation.
La question demeure donc celle des critères retenus pour encadrer les rassemblements publics pendant l’épidémie d’Ebola, quelle que soit l’orientation politique de leurs organisateurs.
La rédaction

