L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange, a été désigné président du Front pour la refondation de la nation (FRN), selon une déclaration politique datée du 12 octobre 2026 et attribuée à des responsables réunis à Goma les 10 et 11 octobre. Le nouveau mouvement affirme vouloir mettre fin au pouvoir de Félix Tshisekedi, y compris par le recours à la force.
Selon cette déclaration, le FRN entend fédérer plusieurs forces politiques et armées autour d’un projet de changement de régime. Ses initiateurs invoquent l’article 64 de la Constitution congolaise pour justifier leur démarche.
Le mouvement affirme vouloir agir « par tous les moyens, y compris la force », une orientation qui place la question du recours aux armes au centre de sa stratégie annoncée.
Outre Joseph Kabila, la direction présentée dans le document comprend Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa comme vice-présidents, ainsi que le général-major Emmanuel Sultani Makenga, également désigné à une vice-présidence.
Freddy Rukema Kaniki est annoncé comme secrétaire général et coordonnateur du comité exécutif, avec Benjamin Mbonimpa comme adjoint.
La nouvelle structure prévoit cinq organes de fonctionnement, dont un collège des fondateurs, un Conseil de la révolution, une présidence et un comité exécutif. La déclaration présente le FRN comme une nouvelle organisation appelée à prendre le relais de l’Alliance Fleuve Congo (AFC).
A lire aussi : Tshisekedi affirme que Kabila est derrière l’AFC de Corneille Naanga
Une annonce qui relance les accusations contre Joseph Kabila
Cette annonce intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et sécuritaires dans l’est de la RDC, où l’AFC/M23 est engagée dans un conflit armé contre les forces gouvernementales.
Depuis plusieurs mois, le président Félix Tshisekedi accuse son prédécesseur d’entretenir des liens avec cette rébellion. Joseph Kabila a fait l’objet de plusieurs accusations politiques liées à la crise sécuritaire, dont la portée doit être distinguée des faits judiciairement établis.
La désignation annoncée de l’ancien chef de l’État à la tête du FRN relance ainsi le débat sur son rôle dans les recompositions politiques et militaires en cours.
À l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara a également critiqué récemment le bilan politique et sécuritaire de l’ancien président, notamment concernant la fin de son mandat constitutionnel en 2016 et la persistance de groupes armés dans l’est du pays.
Des réactions contrastées sur les réseaux sociaux
L’annonce suscite de nombreuses réactions parmi les internautes congolais.
Certains y voient une confirmation des accusations formulées antérieurement par Félix Tshisekedi. D’autres appellent à la prudence face au risque d’une nouvelle escalade militaire.
« Prendre les armes contre le pouvoir en place risque de faire payer aux innocents le prix des rivalités politiques », estime notamment l’internaute Luidovick Amisi Okundji.
Christophe Itengo Bakombe insiste, de son côté, sur la nécessité de privilégier le retour de la paix plutôt que la multiplication des mouvements politico-militaires.
À l’inverse, Assani Salumu présente cette initiative comme une démarche de défense du pays, illustrant les divergences d’appréciation suscitées par l’annonce.
Ces commentaires traduisent des opinions individuelles et ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer la réaction de l’ensemble de la population congolaise.
La déclaration attribuée au FRN marque une évolution politique potentiellement majeure. L’authenticité du document, l’acceptation effective de cette fonction par Joseph Kabila et les modalités précises de la transformation annoncée de l’AFC restent toutefois à confirmer auprès des principaux intéressés.
Rédaction

