Le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), Jean-Claude Katende, a suggéré au chef de l’État, Félix Tshisekedi, de nommer le lieutenant-général Johnny Luboya sur l’axe stratégique de Kalemie, dans la province du Tanganyika. La proposition a été rendue publique dimanche à travers un message publié sur le réseau social X (ex-Twitter).
Selon Jean-Claude Katende, « l’expérience » du général Johnny Luboya, actuellement gouverneur militaire de l’Ituri, pourrait être mise à contribution pour renforcer la sécurité dans cette zone du sud-est de la République démocratique du Congo, régulièrement confrontée à des défis sécuritaires.
« Je propose que le Président Tshisekedi nomme le Général Johnny Luboya sur l’axe Kalemie avec une partie des hommes qui lui sont fidèles dans son travail en Ituri », a-t-il écrit dans ce message consulté par buniaactualite.cd.
La sortie du responsable de l’ASADHO intervient alors que plusieurs provinces de l’est et du centre-est de la RDC restent affectées par l’insécurité, marquée par la présence de groupes armés locaux, des tensions communautaires et des actes récurrents de banditisme.
L’axe de Kalemie, chef-lieu du Tanganyika, figure parmi les zones « régulièrement » ou par moments citées pour leur vulnérabilité sécuritaire.
Derrière ce message de Jean-Claude Katende, l’approche adoptée par le général Luboya en Ituri, province placée sous état de siège depuis mai 2021, pourrait « inspirer une nouvelle dynamique sécuritaire dans le Tanganyika ».
En Ituri, le gouverneur militaire est perçu par certains acteurs comme ayant contribué à une accalmie relative dans certaines zones, même si des critiques persistent sur l’efficacité globale de l’administration militaire.
Un débat relancé sur la gouvernance sécuritaire
La proposition relance le débat sur les stratégies de stabilisation des provinces touchées par l’insécurité, ainsi que sur la mobilité des hauts officiers des Forces armées de la RDC (FARDC).
Elle soulève également la question de l’extension éventuelle des dispositifs exceptionnels, notamment l’état de siège, à d’autres régions du pays.
Jusqu’à présent, aucune réaction officielle n’a été enregistrée du côté de la Présidence de la République ou des autorités militaires. La nomination des responsables militaires ou des gouverneurs sous état de siège relève des prérogatives constitutionnelles du chef de l’État, commandant suprême des FARDC et de la Police nationale congolaise.
Une proposition diversement appréciée
Si certains observateurs estiment qu’il est pertinent de capitaliser sur « l’expérience d’officiers jugés performants », d’autres appellent à la « prudence ».
Des voix de la société civile rappellent que toute décision de ce type devrait s’accompagner de mécanismes de contrôle, du respect des droits humains et d’une évaluation objective des résultats obtenus dans les zones déjà sous administration militaire.
Sur les réseaux sociaux, la proposition de Jean-Claude Katende continue de susciter des réactions contrastées. Certains internautes remettent en question le bilan sécuritaire en Ituri, soulignant que plusieurs groupes armés, dont la CODECO, demeurent actifs malgré l’état de siège en vigueur.
En attendant une éventuelle prise de position des autorités congolaises, la suggestion du président de l’ASADHO alimente le débat sur l’avenir de la gouvernance sécuritaire et les réponses à apporter à l’insécurité persistante en République démocratique du Congo.
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Depuis 4 ans, deux provinces de la RDC sont placées sous état de siège dont l’Ituri et le Nord-Kivu. Depuis la chute de Bukavu entre les mains des rebelles de l’AFC-M23 soutenus par le Rwanda, des voix se sont même levées pour solliciter de placer le Sud-Kivu sous état de siège, une demande non répondue jusqu’à ce jour.
Rédaction

