En République démocratique du Congo (RDC), vit-on ces derniers jours une véritable chasse à l’homme à Kinshasa contre certains citoyens suite à leur morphologie ou pour présumée collaboration avec le M23 ? De plus en plus, ce questionnement gagne plusieurs personnes, surtout dans la partie Est du pays, en proie à l’agression rwandaise.
Récemment, un citoyen congolais a vécu une mésaventure choquante dans les rues de Kinshasa après avoir été confondu avec un présumé collaborateur du groupe armé M23 en raison de son apparence physique (morphologie). L’incident, qui a suscité l’indignation de plusieurs témoins, met en lumière les dangers des amalgames et des stéréotypes en période de tensions sécuritaires.
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D’après plusieurs vidéos et images amateurs circulant sur la toile, relayées par certains médias, l’homme, dont l’identité n’a pas été immédiatement révélée, a été interpellé par un groupe de jeunes alors qu’il se rendait à son lieu de travail. Son apparence, notamment ses traits physiques et son accent swahili (langue couramment parlée dans la partie Est du pays), aurait suffi à éveiller des soupçons parmi ses interlocuteurs, qui l’ont accusé d’être un infiltré à la solde des rebelles du M23.
Cet incident soulève une fois de plus la question des discriminations basées sur l’origine ethnique et l’apparence physique. En période de crise, il est essentiel de faire preuve de discernement et de refuser toute stigmatisation injustifiée, estiment certains analystes indépendants.
Lundi 17 février 2025, l’association des étudiants ressortissants de l’Ituri à Kinshasa a adressé une lettre d’indignation au président de la République dénonçant les attaques ciblées dont sont victimes certains étudiants originaires de l’Est du pays.
« Certains compatriotes kinois qui, par ignorance, assimilent certains de nos membres aux rwandais et cela en se basant sur leurs faces », a déploré monsieur Moïse Bomera, président de cette structure d’étudiants.
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Jusque-là, le gouvernement congolais n’a pas encore réagi face à ces menaces ciblant des Congolais en raison de leur morphologie vivant à Kinshasa. Pour la structure des étudiants, parmi ses recommandations, il faut entre autres mettre en place des programmes de sensibilisation en vue de renforcer l’unité nationale et la cohésion sociale.
Pour Luc Malembe, un acteur politique œuvrant essentiellement en Ituri, rien ne peut justifier la division des Congolais. « On parle des choses qui se passent à Kinshasa contre les swahiliphones… Pas de division des Congolais », a-t-il fait entendre dans une émission radiophonique animée à Bunia, capitale provinciale de l’Ituri.
La cohésion nationale ne saurait être mise à mal par des jugements hâtifs et infondés. L’appel à la tolérance et au respect mutuel doit primer pour éviter que de tels actes ne se reproduisent. Non à la discrimination, oui à l’unité.
Jacob Botombe

