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    vendredi, 12 décembre 2025

    Après un mandat de près de cinq ans à la tête de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), Bintou Keita a quitté ses fonctions ce week-end. Quel bilan ?

    Son départ intervient à un moment charnière, alors que la mission onusienne est engagée dans un processus de retrait progressif du pays, sur fond de défis sécuritaires persistants dans l’Est.

    Dans un entretien exclusif avec la radio onusienne en RDC, la Cheffe sortante a partagé son évaluation du travail accompli et des défis laissés à son successeur.

    Le bilan : protection, retrait réussi et soutien institutionnel

    Interrogée sur les réalisations de la mission, Bintou Keita a insisté sur l’effort collectif et les résultats obtenus malgré un environnement complexe.

    Elle a souligné que la MONUSCO a « sauvé et continue de protéger des centaines de milliers de vies au quotidien » depuis le début de son mandat.

    La mission a mené à bien le retrait progressif de plusieurs zones du pays, en accord avec le gouvernement congolais et le Conseil de Sécurité de l’ONU.

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    Ce processus a notamment concerné le Kasaï, le Tanganyika, et le Sud-Kivu entre 2021 et 2022. La mission est désormais concentrée sur le Nord-Kivu et l’Ituri, où les groupes armés demeurent la problématique principale.

    Pour elle, la MONUSCO a joué un rôle logistique majeur dans l’organisation des élections présidentielles et législatives de 2023, notamment en acheminant plus de 250 tonnes de matériel électoral.

    La Cheffe sortante, dans cet entretien consulté par buniaactualite.cd ce dimanche, a salué l’accompagnement de la Police Nationale Congolaise (PNC) et, en particulier, le travail de l’Auditorat Militaire, dont les actions pour sanctionner des officiers et lutter contre l’impunité méritent, selon elle, d’être davantage reconnues.

    Défis persistants

    Tout en valorisant les réussites, Bintou Keita a reconnu que tout n’a pas pu être achevé à 100 %, citant notamment les « situations de souffrance, de déplacement des populations » et la crise humanitaire.

    Elle a également abordé le sort de Radio Okapi, qu’elle considère comme un « bien national » essentiel pour communiquer avec les communautés et qui doit impérativement être pérennisé avec un esprit d’indépendance et de modernité.

    Quant à son héritage, elle a exprimé sa fierté de laisser derrière elle une équipe solide pour assurer la transition et la continuité de la mission jusqu’à l’arrivée de son successeur.

    Au niveau personnel, la diplomate onusienne a emporté plusieurs souvenirs marquants, notamment le retour symbolique de la dent de Patrice Lumumba, mais surtout les interactions sur le terrain.

    Elle s’est dite admirative de la « résilience » des Congolais, promettant de continuer à porter la cause de la RDC, même en partant à la retraite, car « ce qui est juste est juste ».

    Rédaction

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