La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo (RDC) et Cheffe de la MONUSCO, Bintou Keita, a livré un diagnostic alarmant devant le Conseil de sécurité, déplorant que « la paix tarde à se concrétiser en RDC ».
Son intervention a mis au clair « l’écart criant » entre les résolutions adoptées à New York et la réalité sécuritaire catastrophique dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
L’un des chiffres clés présentés par Bintou Keita est l’escalade dramatique de la violence. Au cours des trois derniers mois, la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en RDC (MONUSCO) a recensé 551 incidents de sécurité qui ont entraîné la mort de 1 087 civils dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.
Une Augmentation de 122% des victimes civiles
Ce bilan macabre représente une augmentation stupéfiante de 122% du nombre de victimes civiles par rapport à la période précédente. Parmi les personnes tuées, le rapport de la MONUSCO fait état de 152 femmes et 86 enfants, soulignant l’impact disproportionné des violences sur les populations les plus vulnérables.
« La Représentante spéciale a regretté le fossé persistant entre les décisions de ce Conseil et les réalités sur le terrain dans l’est de la RDC, » indique le rapport de sa présentation. Ce constat amer met en cause l’efficacité des mesures internationales face à la persistance et à l’intensification des attaques menées par des groupes armés.
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L’alerte lancée par la Cheffe de la MONUSCO vise à secouer la communauté internationale. En dénonçant le « fossé persistant » entre les engagements du Conseil de sécurité et la situation humanitaire et sécuritaire dans l’Est de la RDC, Bintou Keita appelle implicitement à une réévaluation et à un renforcement de l’action onusienne.
Les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu restent l’épicentre d’une crise prolongée, marquée par les exactions répétées, les déplacements massifs de population et une crise humanitaire sans précédent. L’explosion du nombre de victimes témoigne de la dégradation rapide de la situation, malgré la présence de la force de maintien de la paix. L’urgence est désormais de transformer les résolutions en actions concrètes pour protéger les civils et rétablir une paix durable dans la région.
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