Le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege est monté au créneau contre le débat en cours autour de la loi organique relative au référendum en République démocratique du Congo.
Dans une tribune publiée sur les réseaux sociaux et parvenue à buniaactualite.cd ce samedi 30 mai 2026, il estime que les institutions du pays accordent une importance excessive à une éventuelle réforme constitutionnelle alors que le pays traverse, selon lui, des crises autrement plus urgentes.
« Quelle légitimité peut encore revendiquer un parlement qui s’obstine à débattre, comme d’une urgence nationale, sur le changement de la Constitution qui permettrait au Président de la République de briguer un troisième mandat (…), alors que notre pays est ravagé par une épidémie meurtrière d’Ebola, que de larges pans de notre territoire national sont sous occupation étrangère dans l’Est ? », s’interroge-t-il.
Dans son texte, Denis Mukwege dresse un tableau sombre de la situation nationale. Il évoque les conséquences du conflit armé dans l’Est du pays, les déplacements massifs de populations, la fermeture de certaines infrastructures stratégiques ainsi que les difficultés humanitaires auxquelles sont confrontées des millions de personnes.
Le médecin congolais critique également l’attitude des parlementaires qu’il accuse de privilégier leurs intérêts politiques au détriment des préoccupations de la population.
« La seule raison de cet acharnement qui s’apparente à un cynisme froid, c’est que sous le régime actuel, les parlementaires reçoivent un salaire mirobolant (…). Prolonger leur bien-être au détriment de la population devient un point fixe », affirme-t-il.
L’ancien candidat à la présidentielle réserve une partie de ses critiques aux élus des provinces de l’Est, notamment ceux du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, estimant que leurs électeurs vivent aujourd’hui dans des conditions particulièrement difficiles.
« Le scandale est d’autant plus désolant lorsqu’on voit les élus du Nord, du Sud-Kivu et de l’Ituri (…) s’ériger en premiers remparts de cette aventure suicidaire. Leurs électeurs, eux, n’ont plus accès à leurs champs, plus de liberté de faire leurs commerces pour subsister et affrontent seuls, sans État, le virus », écrit-il.
Denis Mukwege accuse par ailleurs l’Union pour la démocratie et le progrès social, parti au pouvoir, d’avoir abandonné les idéaux qu’il incarnait autrefois.
« L’UDPS, jadis flambeau de la résistance, est devenue le maître d’œuvre d’une forfaiture qui risque de condamner notre pays à sa disparition », soutient-il.
Sans apporter de preuves à cette affirmation, il va jusqu’à évoquer la possibilité d’une connivence entre le régime et les groupes rebelles engagés dans les conflits de l’Est du pays, une accusation particulièrement grave qui s’inscrit dans le registre politique et qui n’a pas été étayée publiquement.
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Dans sa conclusion, le Prix Nobel appelle les Congolais à se mobiliser contre ce qu’il considère comme une menace pour l’avenir du pays.
« C’est la survie de la République démocratique du Congo qui est en jeu », affirme-t-il, avant de lancer : « Peuple congolais résistons ensemble pour notre survie. Vive la RDC, une et indivisible ».
Cette sortie intervient dans un contexte de fortes tensions politiques autour de l’adoption par l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo de la proposition de loi organique relative à l’organisation du référendum, un texte qui continue d’alimenter les débats entre la majorité présidentielle et l’opposition sur l’avenir institutionnel du pays.
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