L’Ituri, province du Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC), vient d’enregistrer un nouveau massacre de civils. Dans la nuit du lundi 10 au mardi 11 février 2025, plusieurs villages autour du chef-lieu du groupement Djaiba, situé dans la chefferie de Bahema Badjere, ont été attaqués par des miliciens présumés appartenir à la milice CODECO.
Selon le chef de ladite chefferie contacté ce mardi 11 février matin par buniaactualite.cd, le bilan provisoire de cette attaque meurtrière est d’au moins 84 morts, un véritable carnage qui vient alourdir le triste bilan de violence dans la région.
«Le bilan augmente maintenant c’est dans 84 morts», a-t-il renseigné.
D’autres sources parlent par contre de 51 morts sans écarter l’hypothèse que le bilan soit revu à la hausse.
« On a compté avec la Croix -Rouge qu’il y a 51 morts, mais la fouille continue », indique une responsable des femmes à Djaiba.
Les victimes de ce massacre sont principalement des déplacés internes ainsi que des autochtones, une situation qui témoigne de la brutalité de l’attaque. La population locale vit actuellement dans la peur et la psychose, a rapporté Richard Dheda, chef de chefferie, qui décrit une atmosphère de terreur qui s’est emparée de la zone.
« C’est la peur et la psychose qui règnent », a-t-il déclaré.
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Les autorités locales poursuivent les recherches pour identifier d’autres victimes et récupérer les corps. Le bilan reste provisoire, les fouilles étant encore en cours. « Nous essayons de rassembler les corps », a indiqué Richard Dheda.
Cette attaque survient au lendemain d’un autre incident tragique sur le site de déplacés de Djaiba, où une personne a été tuée et dix autres blessées. Ces violences soulignent une fois de plus la gravité de la situation sécuritaire dans le territoire de Djugu, qui continue de souffrir sous les attaques répétées des milices armées.
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Dans ce contexte, Richard Dheda, chef de chefferie, a appelé à une action rapide du gouvernement, demandant l’activation du programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRCS) pour sécuriser la population et restaurer la paix. « Il est essentiel que les autorités militaires prennent des mesures immédiates pour protéger les civils », a-t-il ajouté.
Nos tentatives pour obtenir une déclaration du chef de l’exécutif territorial n’ont pas abouti pour le moment. Cependant, la situation reste critique et les autorités locales continuent de travailler pour évaluer les dégâts.
Cette énième tragédie démontre l’urgence d’une réponse forte et coordonnée pour mettre fin à l’insécurité qui plombe la région de l’Ituri, province sous état de siège depuis plus de 3 ans.
Rédaction

