Archives

    À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement célébrée le 5 juin sous le thème mondial « Le climat, c’est maintenant », les préoccupations autour de la préservation des forêts du territoire de Mambasa reviennent au premier plan. Dans cette région située au cœur du bassin du Congo, des voix s’élèvent pour dénoncer une dégradation progressive du couvert forestier, considéré comme l’un des plus importants patrimoines écologiques de la République démocratique du Congo.

    Selon le journaliste environnemental Roger Kambale Kakulirahi, qui a effectué plusieurs observations dans les chefferies de Babila-Bakwanza et Babila-Babombi, le long de la RN44, la situation devient préoccupante. L’exploitation minière, la coupe du bois ainsi que l’expansion des plantations de cacao et de café figurent parmi les principales activités qui contribuent à la réduction des espaces forestiers.

    « Sur le terrain, les constats sont clairs. L’exploitation minière, la coupe de bois et l’expansion des plantations de cacao et de café grignotent chaque jour un peu plus le couvert forestier », a alerté Roger Kambale Kakulirahi.

    Cette pression croissante sur les ressources naturelles entraîne des conséquences multiples, notamment la destruction des habitats naturels, la diminution de la biodiversité et la fragilisation des écosystèmes dont dépendent de nombreuses communautés locales.

    Les populations autochtones pygmées apparaissent parmi les premières victimes de cette transformation environnementale. La réduction des espaces de chasse, de pêche et de cueillette menace directement leur mode de vie traditionnel ainsi que leurs moyens de subsistance. À cela s’ajoute un contexte sécuritaire parfois instable qui complique davantage leur quotidien.

    A lire aussi : L’exploitation minière et la pollution des eaux à Mambasa : des habitants exposés

    Le journaliste souligne également l’absence de forêts communautaires dans le territoire de Mambasa, un mécanisme pourtant considéré comme essentiel pour associer les populations locales à la gestion durable des ressources naturelles.

    « Autre constat préoccupant : l’absence de forêts communautaires dans le territoire de Mambasa. Sans ces espaces protégés et gérés par les habitants eux-mêmes, la gestion durable des ressources reste un défi majeur », a-t-il expliqué.

    Face à cette situation, plusieurs recommandations sont formulées. Elles portent notamment sur la création de forêts communautaires, le renforcement du contrôle des activités minières et forestières, la promotion des programmes de reboisement ainsi qu’une implication accrue des communautés locales et autochtones dans les initiatives de conservation.

    Pour les défenseurs de l’environnement, la protection des forêts de Mambasa dépasse aujourd’hui la seule question écologique. Elle représente également un enjeu social, économique et culturel majeur dans une région où les ressources forestières jouent un rôle essentiel dans la vie des populations.

    Alors que les effets du changement climatique se manifestent de plus en plus à travers le monde, les appels se multiplient en faveur d’une gestion durable de ce patrimoine naturel stratégique, afin de préserver les équilibres environnementaux et les moyens de subsistance des générations actuelles et futures.

    Yves Romaric Baraka

    Leave A Reply

    error: Content is protected !!