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    Les députés nationaux Abdallah Pene Mbaka et Ézéchiel Kambale, élus du territoire de Mambasa, sont sortis de leur silence ce lundi 11 mai 2026 après les nouvelles tueries survenues à Makumo la nuit du dimanche au lundi 11 mai 2026.

    S’exprimant lors de la plénière de ce lundi 11 mai 2026 à l’Assemblée nationale à Kinshasa, les députés nationaux précités peignent un tableau sombre de la situation sécuritaire de Mambasa. A encore Jefferson Abdallah Pene Mbaka, depuis le début de ce mois de mai, plus de 100 civils ont été tués, plus de 500 autres pris en otage.

    ‹‹ Lorsque l’état de siège a été créé, le territoire de Mambasa n’était pas touché par l’activisme des ADF. Aujourd’hui il ne se passe une nuit sans qu’on parle des morts, se désole Pene Mbaka. Il révèle qu’à Mambasa on lui dit souvent : « C’est parce que les ADF ne menacent pas le pouvoir de Kinshasa qu’ils ne sont pas correctement traqués. Mais comme les rebelles de l’AFC-M23 menacent Kinshasa, on voit une détermination du gouvernement de ce côté-là.

    Face à cette situation, Pene Mbaka a demandé aux élus nationaux de dire non au gouvernement pour le projet de prorogation de l’état de siège.

    « Chers collègues, faisons-nous cette même violence pour une fois et l’histoire retiendra que cette Assemblée a dit non au gouvernement à cette prorogation mécanique de l’état de siège », a dit Pene Mbaka.

    De son côté, le député Ézéchiel Kambale, élu du même a, face à la gravité de la situation sécuritaire, formulé certaines exigences au gouvernement central pour résoudre la question liée à la menace des rebelles ADF dans le territoire de Mambasa.

    Cet élu veut voir le renforcement des forces loyalistes en hommes et en logistique, il demande aussi le remplacement des officiers non répressifs.

    « Considérant la gravité des faits sur le terrain, nous exigeons l’augmentation de l’effectif militaire, le renforcement des opérations conjointes FARDC-UPDF, la dotation des forces en logistique pour mettre fin à ces massacres », plaide le député Ézéchiel Kambale.

    Par ailleurs, dans une déclaration largement relayée sur les réseaux sociaux et consultée par buniaactualite.cd, Ézéchiel Kambale dénonce ce qu’il qualifie « d’inaction » et même de « complicité » des services de sécurité face à la multiplication des massacres de civils dans le territoire de Mambasa, province de l’Ituri.

    « Nos cœurs saignent », écrit-il, avant de rappeler que plus de 32 civils ont été tués en seulement quatre jours dans différentes attaques des ADF menées contre la population.

    « En date du 7 mai, plus de 23 personnes sont mortes et voilà que ce dimanche 10 mai encore neuf autres viennent de périr à Makumo. Ce sont des pertes de trop », déplore-t-il.

    Le député estime que les forces de sécurité n’ont pas suffisamment réagi malgré les alertes répétées de la population.

    Selon lui, plusieurs mouvements des assaillants ont été signalés sans qu’aucune intervention efficace ne soit menée.

    « Il est inconcevable que l’ennemi opère à Lalia, à quelques mètres d’un camp militaire, sans être traqué ; qu’il se repose au Vatican pendant plus de deux heures sans être inquiété ; qu’il se dirige vers Kawame puis Makumo en tuant sur son passage sans être poursuivi alors que des alertes avaient été données », a-t-il dénoncé.

    Très critique envers les responsables sécuritaires, Ézéchiel Kambale considère que l’inaction face aux attaques contre les civils s’apparente à une infraction de la ‹‹ non-assistance à personne en danger ››.

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    Il affirme également que certains comportements observés sur le terrain dépassent le simple cadre de l’incompétence.

    « Au-delà de l’incompétence, nous dénonçons aussi une certaine complicité », martèle l’élu.

    Ézéchiel Kambale réclame notamment l’ouverture d’une enquête judiciaire afin d’établir les responsabilités dans ces massacres.

    « Les médiocres doivent dégager », conclut-il.

    Ces interventions de deux élus nationaux de Mambasa interviennent dans un contexte de forte psychose dans plusieurs localités du territoire de Mambasa, où les attaques attribuées aux ADF se multiplient depuis plusieurs semaines.

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    L’Ituri est sous état de siège depuis maintenant 5 ans. À l’issue d’une première série d’attaques ayant ciblé Mutchatcha, le gouvernement congolais, à travers une déclaration, avait promis de prendre des dispositions pour faire face aux menaces ADF. Mais depuis lors, beaucoup d’acteurs de la région de Mambasa critiquent l’absence d’une réponse forte contre les ADF.

    Pour Pene Mbaka, l’état de siège n’a pas raison d’être décrété car il n’y a aucun résultat sur le plan sécuritaire. Il se pose la question, ‹‹ pourquoi deux poids deux mesures ? La province du Sud-Kivu qui, elle aussi, est engloutie par l’insécurité, pourquoi elle n’a jamais été mise sous état de siège ? ››

    ADF, une rébellion d’origine ougandaise. Les FARDC-UPDF sont en coalition ces dernières années pour combattre cette menace. Là aussi, des critiques s’intensifient du côté des acteurs sociopolitiques en Ituri et au Nord-Kivu. C’est dans ce contexte que Kampala et Kinshasa ont signé plus de 5 nouveaux accords dans le cadre de leur coopération diplomatique.

    Rédaction

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