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    vendredi, 12 décembre 2025

    ​L’étau se resserre autour des agriculteurs de la chefferie de Babila Bakwanza, en province de l’Ituri. À l’est de la localité de Mayuano, l’accès aux terres arables est désormais conditionné par le paiement d’une rançon déguisée, instaurée par les rebelles ADF et leurs alliés.

    Une situation d’extorsion doublée d’une menace idéologique que dénonce vivement la notabilité locale. Cela fait maintenant près d’un an (quatre trimestres) que ce système de « jetons » a été mis en place par les groupes armés. Pour cultiver leurs champs, les paysans sont contraints de verser une somme aux insurgés en échange de ce laisser-passer précaire.

    Mais au-delà de la pression économique, c’est l’objectif idéologique des assaillants qui inquiète. Une campagne active visant à convertir les habitants à leur doctrine religieuse radicale.

    ​« Rompre toute relation avec l’ennemi »

    ​Interrogé ce dimanche 23 novembre, Ibrahim Mugeni, notable influent de la zone, a lancé un appel ferme à la population vivant sous le joug de ces miliciens. Pour lui, l’heure n’est plus à la résignation.

    ​« Nous invitons la population à la vigilance et, surtout, à rompre toute relation avec ces rebelles. Il ne faut céder ni à leur chantage financier, ni adhérer à leur idéologie qui vise à convertir tout individu à être musulman », a martelé Ibrahim Mugeni.

    ​Ce leader d’opinion insiste sur la nécessité de couper le cordon avec les groupes armés pour ne pas financer sa propre insécurité. En lieu et place d’une soumission aux exigences des ADF, M.

    Mugeni exhorte les habitants de Mayuano et des environs à renforcer leur collaboration avec les services de sécurité et les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).

    A lire aussi : Ituri : comment les ADF ont imposé une taxe aux agriculteurs de Mambasa pour accéder à leurs champs ?

    ​La persistance de ce phénomène depuis plusieurs mois porte un coup dur à l’économie de Mambasa, grenier agricole de la région. La peur des représailles et l’impossibilité pour certains de payer ces taxes illégales entraînent l’abandon de vastes étendues de cultures, accentuant la précarité dans cette partie de la province de l’Ituri.

    Rédaction

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