Un an jour pour jour après un éboulement qui avait coûté la vie à trois orpailleurs à Mahagi, un nouvel accident minier a fait quatre morts et trois blessés dans le même territoire de l’Ituri.
Le drame, survenu le 17 octobre 2026 dans la carrière aurifère de Dilolo, relance les interrogations sur la sécurité des creuseurs artisanaux et l’efficacité de leur encadrement par les services de l’État.
Située à environ quatre kilomètres à l’ouest du centre commercial de Djalasiga, dans la chefferie des Alur-Djuganda, la carrière de Dilolo a été le théâtre d’un éboulement de terre qui a surpris plusieurs orpailleurs en pleine activité.
Selon les informations rapportées lundi 19 octobre, quatre exploitants artisanaux ont perdu la vie et trois autres ont été blessés. Ces derniers ont été acheminés vers des structures sanitaires de la région pour recevoir des soins.
Joseph Berocan, coordonnateur de la société civile Forces vives de la chefferie des Alur-Djuganda, attribue notamment cet accident aux mauvaises conditions d’exploitation et à l’insuffisance d’encadrement technique des creuseurs.
Pour cet acteur de la société civile, la répétition des accidents mortels dans les carrières aurifères devrait pousser les autorités à renforcer les contrôles et la prévention.
Il interpelle particulièrement la Division des mines et le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE).
« Je demande donc au service des Mines et au SAEMAPE d’assister ces personnes », insiste Joseph Berocan.
Le responsable de la société civile dénonce également ce qu’il considère comme une priorité accordée à la perception des taxes au détriment de l’accompagnement technique et de la sécurité des travailleurs. Ces accusations n’ont pas encore fait l’objet d’une réaction publique des services mis en cause.
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Cette nouvelle tragédie intervient exactement un an après l’éboulement survenu le 17 octobre 2025 dans le puits de Rwenzori, au sein de la carrière de Kolwezi, également située dans la chefferie des Alur-Djuganda.
À l’époque, trois creuseurs avaient perdu la vie et plusieurs autres avaient été blessés. La Protection civile de l’Ituri avait alerté sur la répétition des accidents miniers durant la saison des pluies et appelé les responsables des sites à renforcer les dispositions de sécurité.
Le nouvel éboulement de Dilolo remet donc au premier plan la question des mesures prises depuis ces précédentes alertes.
En vertu de ses missions officielles, le SAEMAPE est notamment chargé de l’assistance technique aux exploitants artisanaux, de la vulgarisation des normes de sécurité et du suivi de leur application sur les sites miniers.
Dans le cas de Dilolo, aucune conclusion technique indépendante n’a encore été rendue publique pour déterminer les causes exactes de l’effondrement, l’état du puits avant l’accident ou les éventuelles responsabilités.
Pour les familles endeuillées et les exploitants artisanaux de Mahagi, la préoccupation demeure la même : travailler dans les carrières d’or sans risquer de perdre la vie sous les éboulements.
Au-delà du bilan humain, ce nouvel accident pose désormais la question des inspections réellement effectuées, des mesures correctives imposées et des moyens consacrés à la protection des creuseurs dans les sites aurifères de l’Ituri.
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