L’Ituri saigne, et le silence des autorités est un affront à notre humanité
Par Deogratias BUNGAMUZI KUKWABO, acteur de la société civile
Trop, c’est trop ! L’Ituri saigne et se noie dans le silence assourdissant des autorités congolaises et de la communauté internationale. Ce silence face à un génocide silencieux qui se déroule sous nos yeux est un affront à notre humanité. Après cinq vies perdues le 10 février 2025, plus de 50 autres tuées le 11 février, la milice CODECO récidive ce mercredi 12 février, massacrant trois femmes et un homme à Djaiba. Faut-il encore compter les cadavres avant qu’une action concrète ne soit entreprise ?
Le Rwanda de Kagame et ses alliés de l’AFC-M23-RDF, qui nous agressent au Nord-Kivu, ne sont pas les seuls responsables de la souffrance de notre peuple. Que dire de ceux qui, sous couvert de défense, rejoignent les agresseurs et tuent nos propres frères et sœurs, comme la milice CODECO ? Où est l’unité nationale, où est la solidarité derrière notre pays, derrière notre président, Félix-Antoine Tshisekedi ? Doit-on encore accepter de mourir par la main de ceux qui devraient être nos alliés dans cette guerre contre l’agression étrangère ?
Les attaques en Ituri, menées par la CODECO, s’inscrivent dans une spirale infernale déclenchée par la milice Zaïre, le 8 février dernier. Mais pourquoi faut-il que les déplacés du site de Djaiba soient les victimes d’un carnage sans raison ? Ce massacre n’a aucune justification ! Les groupes armés n’ont aucune pitié, mais qu’en est-il des autorités congolaises censées protéger cette population vulnérable ? Pourquoi la MONUSCO, stationnée à quelques pas, reste-t-elle impuissante à stopper ces atrocités ?
Les autorités congolaises doivent prendre leurs responsabilités. Si elles ne sont pas capables de faire face à ces criminels, elles doivent avoir l’honnêteté de l’admettre. Sinon, elles doivent agir sans hésitation, frapper sans pitié. La CODECO et la milice Zaïre ne méritent plus d’être considérées dans un quelconque processus de désarmement.
Elles doivent être traitées comme les instruments de déstabilisation qu’elles sont, manipulées par le M23 et le Rwanda pour semer le chaos en Ituri.
Le temps est venu pour l’État et ses partenaires de faire un choix crucial : protéger le peuple ou devenir complices de l’extermination qui frappe nos familles, nos enfants, nos proches.
Le désespoir d’un peuple meurtri doit être entendu. Il est temps que les autorités et la communauté internationale prennent des mesures réelles et décisives.
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