Les exportations d’or de l’Ouganda continuent d’alimenter les interrogations des Nations Unies. Dans son rapport final sur la République démocratique du Congo, le Groupe d’experts relève une augmentation des volumes d’or exportés par Kampala qui, selon lui, n’est pas corroborée par les données officielles de production nationale.
Les enquêteurs établissent une corrélation entre cette hausse et l’intensification de la production aurifère dans la province congolaise de l’Ituri, où une partie importante de l’or échapperait toujours aux circuits officiels avant de franchir clandestinement la frontière.
Selon le rapport consulté par buniaactualite.cd, l’Ituri a enregistré une forte progression de sa production d’or grâce au développement de l’exploitation alluviale semi-mécanisée et à l’utilisation croissante de techniques de récupération plus performantes.
Pourtant, cette hausse ne se reflète pas dans les statistiques officielles des exportations congolaises. Les experts estiment que plusieurs tonnes d’or produites dans la province ne sont pas déclarées et sont ensuite acheminées illicitement vers l’Ouganda.
Le Groupe d’experts observe qu’au même moment, les exportations d’or ougandaises ont fortement augmenté. Toutefois, les données commerciales disponibles ne permettent pas, selon lui, d’expliquer cette progression par la seule production nationale de l’Ouganda. Cette discordance nourrit les soupçons sur l’origine d’une partie de l’or exporté depuis ce pays.
Le rapport ne remet pas en cause le rôle de l’Ouganda comme plateforme régionale de commerce de l’or, mais attire l’attention sur les difficultés persistantes de traçabilité dans la région des Grands Lacs. Les longues frontières terrestres, la multiplicité des points de passage et l’importance du commerce informel facilitent les mouvements transfrontaliers de minerais, compliquant le travail des autorités chargées du contrôle des exportations. Ces observations s’inscrivent dans le constat des experts sur les écarts entre la production réelle en Ituri et les exportations officiellement déclarées.
Pour la République démocratique du Congo, les conséquences sont multiples. Chaque kilogramme d’or exporté en dehors des circuits légaux représente un manque à gagner en recettes fiscales, réduit les revenus issus des redevances minières et affaiblit les mécanismes de certification destinés à garantir la provenance légale des minerais. Cette situation complique également les efforts engagés pour améliorer la gouvernance du secteur minier et renforcer la transparence des chaînes d’approvisionnement.
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En Ituri, où l’exploitation aurifère constitue l’une des principales activités économiques, les conclusions du rapport relancent le débat sur l’efficacité des dispositifs de traçabilité. Malgré les réformes engagées ces dernières années, une partie significative de la production continuerait à alimenter des circuits commerciaux parallèles, échappant aux mécanismes de contrôle de l’État.
Le rapport des Nations Unies n’attribue pas cette contrebande à un réseau ou à des acteurs spécifiques. Il souligne cependant un phénomène structurel : l’écart persistant entre les quantités d’or effectivement produites en Ituri et celles officiellement exportées par la RDC, ainsi que la hausse concomitante des exportations ougandaises. Pour les experts, cette situation souligne la nécessité de renforcer la coopération régionale, les contrôles frontaliers et les mécanismes de traçabilité afin de réduire les flux illicites et de mieux valoriser les ressources minières congolaises.
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