Alors que la province de l’Ituri fait face à une nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola, le docteur Richard Kitenge, incident manager adjoint de la riposte Ebola, appelle la population à privilégier les mesures de prévention reconnues scientifiquement et à éviter les rumeurs autour de la maladie.
Selon lui, Ebola n’est pas une maladie inconnue en Ituri, la province ayant déjà traversé plusieurs épisodes épidémiques par le passé.
« Ce n’est pas la première fois que l’Ituri connaît une épidémie. La province a déjà géré cette maladie par le passé », a-t-il déclaré ce lundi 25 mai 2026.
« Ebola est une zoonose »
Le médecin rappelle que la maladie trouve son origine dans le monde animal avant d’être transmise à l’être humain.
« Quand on parle d’Ebola, on dit trop de choses. Nous parlons de la maladie à virus Ebola, qui est une zoonose. C’est une maladie qui sévit dans le monde animal, que l’homme attrape et que l’homme propage », explique-t-il.
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Il insiste également sur les comportements à risque favorisant la transmission.
« Ebola n’est pas une maladie des humains à l’origine. Mais par nos mauvais comportements, nous manipulons des animaux atteints et nous ramenons cette zoonose auprès de la population », ajoute le Dr Kitenge.
Le masque seul ne suffit pas
Interrogé sur les mesures de protection, le responsable sanitaire estime que certaines perceptions populaires autour du masque sont erronées.
« Ebola n’est pas une maladie aéroportée, elle ne se transmet pas par l’air. Le masque que nous voyons aujourd’hui, c’est un port de crainte. Les gens pensent qu’en portant le masque, ils se protègent. Non », affirme-t-il.
Selon lui, les véritables gestes barrières reposent principalement sur :
le lavage régulier des mains ; la distanciation physique ; l’évitement des contacts directs ; et surtout la prudence lors des enterrements.
« Améliorer l’hygiène des mains, le lavage des mains à tout moment, observer la distance – au moins deux mètres – éviter de se saluer par contact, et surtout éviter de manipuler les cadavres », recommande-t-il.
Les enterrements au centre des risques de contamination
Le Dr Kitenge met particulièrement en garde contre certaines pratiques funéraires traditionnelles qui favorisent les contaminations.
« Dans notre coin, on est habitué au deuil, à manipuler les corps. C’est à ce moment-là que vous attrapez Ebola », prévient-il.
Il explique qu’une personne ayant participé à un enterrement à risque peut devenir un « contact » nécessitant un suivi sanitaire.
« Si vous avez touché un cadavre ou participé à un enterrement, vous n’êtes pas malade directement, mais vous devenez un contact », précise-t-il.
Les équipes de riposte assurent alors un suivi pendant 21 jours afin de détecter rapidement d’éventuels symptômes.
« On ne vous soigne pas comme un malade, on vous suit pour que, si les signes commencent, on puisse vous soigner à temps et vous donner une chance de guérir », explique le médecin.
Lutter contre les rumeurs et la méfiance
Face aux nombreuses spéculations autour des centres de traitement Ebola, le responsable sanitaire appelle la population à se rapprocher directement des équipes médicales.
« La meilleure façon pour les gens de vérifier les informations, c’est de nous approcher. Nous les conduirons au centre de traitement pour qu’ils voient comment tout est organisé », affirme-t-il.

Il souligne que les infrastructures médicales ont été renforcées avec de nouveaux équipements.
« Aujourd’hui, nous avons bénéficié du plus beau bâtiment de CM, avec de nouveaux lits offerts par Ciro Roap. Il suffit de venir voir au lieu de rester dans la communauté à spéculer », ajoute-t-il.
Un appel au personnel soignant
Le Dr Kitenge s’est également adressé aux professionnels de santé qui craignent d’être exposés au virus.
« La maladie peut attraper partout, mais nous avons prêté serment. Notre serment, c’est de donner la vie au service des autres », rappelle-t-il.
Il assure que des dispositifs de protection et des formations restent disponibles pour le personnel médical.
« Nous disposons de mesures de protection individuelle. Ceux qui ne sont pas informés, nous sommes ouverts : nous formons tout le monde, nous briefons tout le monde. Venez, on va vous former », conclut-il.
Dans un contexte marqué par la progression de l’épidémie en Ituri, les autorités sanitaires continuent de miser sur la sensibilisation communautaire, le suivi des contacts et l’adoption stricte des mesures d’hygiène pour tenter de contenir la propagation du virus.
Grâce Kasemire

