Derrière les offensives militaires et les négociations diplomatiques, l’est de la République démocratique du Congo continue de faire face à une crise humanitaire d’une ampleur exceptionnelle. Dans son rapport final, le Groupe d’experts des Nations Unies décrit une situation marquée par des déplacements massifs de populations, une insécurité alimentaire persistante, un accès limité aux soins de santé et des attaques qui entravent l’action des organisations humanitaires.
Selon les experts, les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu comptaient, en mars 2026, environ 3,4 millions de personnes déplacées internes. Des centaines de milliers de familles ont été contraintes d’abandonner leurs habitations à la suite des affrontements entre groupes armés, des opérations militaires et des violences contre les civils. Beaucoup vivent aujourd’hui dans des sites de déplacés ou auprès de familles d’accueil, souvent dans des conditions extrêmement précaires.
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Le rapport souligne que cette crise dépasse largement la seule question des déplacements. Plus de 60 % de la population des trois provinces concernées vit dans une situation d’extrême pauvreté. Les difficultés d’accès à la nourriture, à l’eau potable, aux soins de santé et aux services sociaux de base continuent de s’aggraver, en particulier dans les zones où les combats restent actifs.
Les Nations Unies mettent également en garde contre les obstacles rencontrés par les organisations humanitaires. Les affrontements, l’insécurité sur les axes routiers, les enlèvements et les attaques visant les civils compliquent l’acheminement de l’aide vers plusieurs localités. Dans certaines zones, les populations demeurent difficilement accessibles, ce qui retarde la distribution de vivres, de médicaments et d’autres biens essentiels.
Les experts rappellent que les enfants et les femmes figurent parmi les premières victimes de cette crise. Les déplacements répétés interrompent la scolarité de milliers d’élèves, tandis que les violences sexuelles liées au conflit, le recrutement d’enfants par des groupes armés et la séparation des familles aggravent leur vulnérabilité.
Le rapport relève également que la persistance de l’insécurité compromet les perspectives de retour des déplacés dans leurs villages d’origine. Tant que les affrontements se poursuivent et que plusieurs groupes armés conservent leur capacité de nuisance, de nombreuses familles restent contraintes de vivre loin de leurs terres et de leurs moyens de subsistance.
Pour le Groupe d’experts, la réponse humanitaire, aussi importante soit-elle, ne peut constituer une solution durable. Les Nations Unies estiment que seule une amélioration significative de la situation sécuritaire, accompagnée du rétablissement de l’autorité de l’État et de la relance des services publics, permettra de créer les conditions d’un retour volontaire et sécurisé des populations déplacées.
En conclusion, le rapport rappelle que la crise qui frappe l’est de la RDC ne se mesure pas uniquement au nombre d’affrontements ou de territoires disputés. Elle se traduit aussi par des millions de personnes privées de sécurité, de moyens de subsistance et de services essentiels, faisant de cette région l’une des crises humanitaires les plus préoccupantes du continent africain.
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