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    L’ancien président congolais Joseph Kabila revient sur le devant de la scène politico-militaire. Désormais président du Front pour la refondation de la nation (FRN), une nouvelle coalition politico-militaire qui revendique le recours à la force contre le pouvoir de Félix Tshisekedi, il s’inscrit dans une dynamique qui rappelle les origines de son parcours politique, marqué par les rébellions en République démocratique du Congo.

    Le 12 octobre 2026, à l’issue de deux jours de travaux à Goma, Joseph Kabila a été placé à la tête du FRN. Le mouvement annonce succéder à l’Alliance fleuve Congo (AFC) et vouloir combattre le pouvoir de Kinshasa « par tous les moyens, y compris la force ». Sa création s’inscrit dans la recomposition des forces opposées à Félix Tshisekedi, avec des personnalités liées à l’AFC et au M23.

    Pour l’ancien chef de l’État, cette annonce marque une nouvelle étape dans sa confrontation avec son successeur et ravive le souvenir d’un parcours politique commencé dans un contexte de guerre.

    Des armes au pouvoir

    Joseph Kabila accède à la présidence en janvier 2001, après l’assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila, qui avait pris le pouvoir en 1997 à la suite de la rébellion de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL).

    À la tête du pays pendant près de dix-huit ans, Joseph Kabila est élu en 2006 puis en 2011. Son règne est marqué par des efforts de stabilisation institutionnelle, mais aussi par la persistance des conflits armés dans l’est du pays et les tensions autour de la fin de son mandat.

    Il quitte finalement le pouvoir en janvier 2019, après l’élection de Félix Tshisekedi. Cette alternance historique ne met toutefois pas fin à son influence politique.

    De l’alternance à la rupture

    Initialement alliés, les camps de Félix Tshisekedi et de Joseph Kabila rompent leur coopération en décembre 2020. Les relations entre les deux hommes se détériorent ensuite, jusqu’à une confrontation politique et judiciaire.

    En 2025, le retour ou mieux la présence de Kabila à Goma, alors contrôlée par l’AFC et le M23, intervient dans un contexte de fortes tensions. Le pouvoir de Kinshasa l’accuse de soutenir les rebelles, ce que l’ancien président conteste.

    Le 30 septembre 2025, la Haute Cour militaire le condamne à mort par contumace, notamment pour trahison, crimes de guerre et participation à un mouvement insurrectionnel. Son camp dénonce une procédure à caractère politique.

    Le 30 avril 2026, les États-Unis imposent également des sanctions à Joseph Kabila. Le département du Trésor américain l’accuse d’avoir soutenu l’AFC et le M23, notamment sur le plan financier. Il s’agit d’accusations formulées par Washington, et non d’une décision judiciaire américaine.

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    Le retour à la lutte armée ?

    Avec la création du FRN, Joseph Kabila prend la tête d’une coalition qui revendique ouvertement le recours à la force contre le pouvoir central. Cette nouvelle orientation soulève des questions sur ses objectifs politiques et militaires, ainsi que sur la place qu’occuperont les différentes composantes liées à l’AFC et au M23.

    L’annonce intervient alors que Félix Tshisekedi avait déjà accusé son prédécesseur d’être lié à cette rébellion. La nouvelle structure donne ainsi une dimension supplémentaire à leur confrontation, désormais inscrite dans un contexte politico-militaire.

    Au sein même du PPRD, parti historiquement associé à Joseph Kabila, des départs sont annoncés le 12 octobre. Allegra Fosh Ngalula, vice-présidente de la Ligue des jeunes du parti, démissionne et exprime sa désolidarisation de toute initiative susceptible de perturber la paix ou de déstabiliser les institutions du pays.

    Le même jour, Patrick Nkanga Bekonda, rapporteur du bureau politique du PPRD, annonce également son départ, invoquant des raisons de convenance personnelle. Son communiqué n’établit toutefois aucun lien explicite entre sa décision et la création du FRN.

    Marie-Ange Mushobekwa, ancienne ministre des droits humains sous le règne de Kabila a également annoncé avoir pris ses distances avec l’ancien président.

    De la rébellion de l’AFDL qui a porté son père au pouvoir à sa propre présidence, puis à cette nouvelle confrontation avec Kinshasa, le parcours de Joseph Kabila est visiblement marqué par plusieurs ruptures politiques.

    Les circonstances ont changé, mais le paradoxe demeure : après avoir dirigé la RDC pendant près de dix-huit ans, l’ancien président, entouré d’un ancien président de la CENI, se retrouve à la tête d’une coalition politico-militaire qui entend combattre son successeur, y compris par la force.
    Bis repetita !

    Rédaction

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