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    L’autocensure, les contraintes sécuritaires et les difficultés d’accès à l’information ont affecté le travail des médias en Ituri durant la période de l’état de siège. C’est l’une des principales conclusions du mémoire de Joël Heri Budjo, journaliste à la RTM, défendu à l’Université de Bunia avec la mention distinction.

    Intitulé « Analyse de la presse sous le régime de l’état de siège en province de l’Ituri de 2021 à 2025 », le travail examine les conditions dans lesquelles les professionnels des médias ont exercé leur métier durant cette période marquée par des restrictions liées au contexte sécuritaire.

    Selon le chercheur, la persistance des violences armées en Ituri a conduit les autorités congolaises à instaurer l’état de siège en mai 2021. Ce régime d’exception, destiné notamment à renforcer les mécanismes de sécurisation de la province, a également modifié le fonctionnement de certaines institutions et les conditions d’exercice de plusieurs libertés publiques.

    Parmi celles-ci figure la liberté de la presse, considérée comme un élément essentiel du droit du public à une information libre, fiable et pluraliste.

    Dans son étude, Joël Heri Budjo relève plusieurs difficultés auxquelles les journalistes auraient été confrontés pendant la période étudiée.

    Il cite notamment l’accès limité à certaines zones d’opérations, les restrictions liées à certaines sources d’information ainsi que les pressions résultant du contexte sécuritaire.

    Ces contraintes auraient contribué, dans certains cas, au développement de pratiques d’autocensure chez des professionnels des médias, soucieux de préserver leur sécurité ou d’éviter d’éventuelles conséquences liées à leurs publications.

    L’étude souligne toutefois également la résilience des médias, qui ont continué à produire et à diffuser de l’information malgré les contraintes imposées par le contexte.

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    À l’issue de son analyse, Joël Heri Budjo estime que les mesures prises au nom de la sécurité doivent être appliquées dans le respect du cadre légal, de la déontologie journalistique et des principes fondamentaux relatifs à la liberté d’expression et au droit à l’information.

    Il recommande notamment de renforcer le dialogue entre les autorités sécuritaires et les professionnels des médias afin de faciliter l’accès aux sources officielles et de clarifier les limites applicables au travail journalistique dans les zones affectées par les opérations de sécurité.

    Pour le chercheur, l’enjeu consiste à permettre aux journalistes d’accomplir leur mission d’information tout en tenant compte des exigences légitimes liées à la sécurité.

    La soutenance de ce mémoire s’est soldée par l’attribution de la mention distinction à Joël Heri Budjo.

    Dorcas Faya

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