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    Une mère, un nourrisson et la prière, c’est un récit d’un miracle dans l’attaque de Komanda. Dans un chantier d’église encore en construction, sur un sol nu, Christine Kisolobo Kavira tente de survivre avec son bébé de 7 jours. Un nouveau-né qui n’a jamais connu le confort d’une moustiquaire, ni la sécurité d’un foyer. Il est né à peine une semaine avant que la terreur ne frappe à nouveau sa famille.

    Le 26 juillet, dans la soirée, Christine venait tout juste de quitter l’hôpital. Elle avait subi une césarienne. Ce même soir, l’attaque de Komanda éclate.

    « L’ennemi est arrivé et a commencé par brûler la maison de ma voisine », se souvient-elle, la voix encore tremblante.

    « Je ne savais pas comment fuir. Tout le monde avait quitté la maison. Moi, je ne pouvais rien faire, j’étais faible, je venais d’accoucher. Je pensais qu’on allait me brûler vivante. »

    La peur l’a envahie, mais elle n’a pas cédé à la panique. Seule, avec son nourrisson dans les bras et ses autres enfants partis dans la panique, elle s’est mise à prier. Dans l’obscurité, le feu se rapprochait.

    C’est alors qu’un miracle se produit. « Un voisin, un militaire, était chez lui. Il a tiré des coups de feu. C’est ce qui a fait reculer les assaillants. S’ils n’avaient pas fui, ils seraient peut-être venus jusqu’à ma maison. »

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    Christine Kisolobo Kavira a 27 ans. Et ce n’est pas la première fois qu’elle échappe de justesse à la mort. Quelques années avant, elle avait survécu à une attaque à Idohu, dans la chefferie de Walese Vonkutu, toujours en territoire d’Irumu. Cette fois encore, c’est la foi, la chance ou peut-être les deux qui l’ont sauvée.

    Mais depuis cette nuit d’horreur, Kavira n’a plus rien. Sa maison à Vingazi (Vers Bogy), sur le tronçon Komanda Luna, est inaccessible. Le père de ses enfants, qui était en brousse au moment de l’incursion, n’a pas encore rejoint la famille. Elle, elle vit dehors, sans moustiquaire, sans savon, sans nourriture. Avec un nourrisson fragile dans les bras.

    « Que les autorités nous aident à ramener la paix. Il y avait une accalmie. Mais voilà… »

    Dans sa voix, une fatigue, une lassitude. Mais aussi une dignité. Celle d’une femme debout, malgré tout. Une mère, deux fois miraculée, qui continue de croire que la paix est possible.

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    Via Canal Révélation

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