Une journée porteuse d’espoir et d’action s’est ouverte ce mardi 2 décembre 2025 au centre hospitalier de Rwankole, se trouvant en ville de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique su Congo.
Organisée par la Ligue paralympique de l’Ituri et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), cette rencontre ambitieuse vise un double objectif : outiller les personnes handicapées sur leurs droits et leur ouvrir les portes du sport adapté comme levier d’épanouissement et d’intégration sociale.
L’événement rassemble des responsables d’associations et des bénéficiaires du Programme de réadaptation physique (PRP), notamment des personnes ayant reçu des prothèses au centre de Rwankole.
Pour Roger Kavyavu, vice-président de la Ligue Paralympique de l’Ituri, cette activité est naturelle : « Nous sensibilisons ces nouveaux jeunes qui ont reçu une prothèse à intégrer la ligue. Le sport donne la santé et intègre les personnes handicapées dans la société. Après avoir bénéficié des prothèses, ils doivent aussi entrer dans le monde sportif. »
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Connaître ses droits pour reprendre le contrôle de sa vie
Le volet sensibilisation, animé par des formateurs comme Roger Kavyavu, présente la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) et la loi organique congolaise non comme de simples textes, mais comme des outils d’émancipation. « La loi organique est cruciale pour que vous puissiez connaître vos devoirs et, surtout, vos droits », a-t-il expliqué, rappelant le long combat international mené par les associations pour aboutir à cette convention en 2006.
Le message est celui de rappeler que ces lois sont des armes pour revendiquer l’accessibilité, l’éducation, un traitement digne et une place pleine et entière dans la société. « C’est ensemble, en fédérant nos forces, que nous gagnons en poids et que nos droits peuvent être respectés », a insisté Kavyavu.
L’handisport, une passerelle vers la reconstruction et la visibilité
Le second pilier de la journée est la promotion concrète du handisport. La Ligue paralympique de l’Ituri, qui « évolue très bien » selon son vice-président, voit cette journée comme un moment de recrutement et de démonstration pour le 3 décembre 2025, journée dédiée aux handicapés. « Le 3 décembre 2025, ça va bouger à Kabengele », affirme Kavyavu.
Une démonstration de match de basket-fauteuil est ainsi organisée au stade Kabengele, réhabilité par la MONUSCO. « Nous invitons tous les téléspectateurs à venir voir comment ça se joue. Les autres valides qui ne connaissent pas le sport des handicapés pourront venir », explique-t-il.
un match entre l’équipe A et l’équipe B, ainsi qu’un match mixte filles-garçons, mettant en lumière les talents locaux.
Une expansion territoriale et un partenariat essentiel
La Ligue ne se limite pas à Bunia. Elle étend activement son réseau aux territoires de la province, comme Mambasa et Mahagi, pour former et sensibiliser davantage de personnes. « Nous allons ouvrir la ligue dans les territoires là où ils vivent », précise le vice-président.
Le rôle du CICR dans cette dynamique est salué comme fondamental. « Le CICR est notre partenaire de cœur, un beau partenaire qui soutient le sport pour handicapés. Ils ont organisé la sensibilisation et les matchs de demain. Nous les remercions grandement et les encourageons à continuer de penser aux personnes handicapées, car peu de structures se consacrent à les valoriser ainsi », a déclaré Kavyavu.
En liant la revendication des droits et la pratique sportive, cette initiative va au-delà de l’information. Elle envoie un double message d’espoir : les personnes handicapées ont des droits qu’elles peuvent faire valoir collectivement, et elles ont un potentiel physique et social qui peut s’exprimer pleinement grâce au sport adapté.
La démonstration de basket-fauteuil de ce 3 décembre est bien plus qu’un match. C’est un symbole de résilience, de refus de l’immobilité et un appel vibrant à regarder vers l’avant. Elle marque une étape importante dans la reconnaissance et l’inclusion des personnes handicapées en Ituri.
Grace Kasemire



