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    De vives réactions ont émergé en Ituri après des informations relayées sur les réseaux sociaux faisant état d’une présumée opération de bouclage menée par des éléments du groupe armé Coopérative pour le développement du Congo (CODECO) dans la chefferie de Panduru, en territoire de Mahagi, au nord-est de la République démocratique du Congo.

    Selon ces informations, la plus importante faction de ce groupe armé, URDPC-CODECO, aurait conduit une opération assimilable à une action de sécurité, une prérogative légalement réservée aux Forces armées de la RDC (FARDC) et à la Police nationale congolaise (PNC), dans un contexte marqué par l’état de siège en vigueur en Ituri.

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    Pour plusieurs acteurs de la société civile, cette situation illustre la persistance « d’un vide sécuritaire préoccupant » dans certaines zones du territoire de Mahagi. Sylvain Agenorwoth, coordonnateur du réseau Les Ambassadeurs de Bonne Volonté RDC, dénonce un « acte grave de sabotage de l’action de l’administration publique » et appelle à une réaction rapide des autorités nationales.

    « Aucun groupe armé non étatique n’a la capacité juridique ni l’autorisation légale de mener une opération de bouclage », pense-t-il, estimant que de telles actions portent atteinte à la crédibilité des institutions sécuritaires du pays.

    Des sources locales évoquent à buniaactualite.cd des atteintes aux civils, notamment des pillages de biens, des enlèvements et des pertes en vies humaines, bien que ces informations n’aient pas encore fait l’objet d’une confirmation officielle indépendante.

    Face à la gravité des accusations, des appels ont été lancés aux organisations de défense des droits humains afin de documenter les faits en vue d’éventuelles poursuites ou sanctions.

    Sylvain Agenorwoth indique avoir saisi des députés nationaux et sénateurs, notamment ceux siégeant aux commissions Défense, Sécurité et Droits de l’homme, pour l’élaboration d’un rapport parlementaire sur les activités attribuées à la CODECO.

    Les autorités nationales sont également appelées à renforcer les capacités opérationnelles des forces de défense dans le territoire de Mahagi afin d’assurer la protection des populations civiles.

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    Actif depuis plusieurs années en Ituri, le groupe armé CODECO est régulièrement accusé par les Nations unies et des ONG d’être impliqué dans de graves violations des droits humains, notamment des massacres de civils et des déplacements forcés de populations.

    Bien avant cette alerte, le même groupe armé a plusieurs fois été accusé d’installer une administration parallèle avec l’Etat Congolais, « ignorant » l’existence des autorités légalement établies.

    À ce stade, ni le gouvernement congolais ni les forces de sécurité n’ont officiellement réagi aux accusations concernant cette situation intervenue dans la chefferie de Panduru.

    Rédaction

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