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    Le défaut d’accompagnement du désarmement, la non-participation de la Convention pour la Révolution populaire (CRP) au dialogue d’Aru et l’insuffisance du suivi de la feuille de route issue de ce processus figurent parmi les facteurs avancés par le Groupe d’interaction intercommunautaire pour la pacification et la paix (GIIPP) pour expliquer la nouvelle dégradation sécuritaire dans le territoire de Djugu, en province de l’Ituri.

    Cette analyse a été présentée jeudi 1er octobre 2026 à Bunia par Jean-Claude Ngadjole, vice-coordonnateur du GIIPP, une structure réunissant notamment des membres des communautés Hema et Lendu.

    Elle intervient après plusieurs jours de violences dans le territoire de Djugu, marqués notamment par des affrontements impliquant la CRP, la CODECO et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

    Ces violences ont provoqué de nouveaux mouvements de populations dans plusieurs localités, notamment autour de Rhoo, Nyampala, Blukwa et Gina.

    1. Un désarmement insuffisamment accompagné

    Le premier facteur avancé par le GIIPP concerne la mise en œuvre du Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRCS).

    Selon Jean-Claude Ngadjole, certains combattants ayant accepté de déposer les armes n’auraient pas bénéficié d’un accompagnement suffisant susceptible de faciliter durablement leur réinsertion.

    Le GIIPP estime que l’absence de perspectives après le désarmement peut exposer d’anciens combattants au risque de rejoindre à nouveau des groupes armés.

    A lire aussi : Ituri : le gouverneur envisage la délocalisation des sites de déplacés de Kigonze et de l’ISP/Bunia

    Cette critique intervient alors que le P-DDRCS affirme avoir désarmé et démobilisé 2 076 éléments en Ituri entre avril 2023 et septembre 2026.

    2. La CRP absente du dialogue d’Aru

    Le GIIPP cite ensuite la non-participation de la CRP au dialogue d’Aru parmi les faiblesses du processus de pacification.

    Pour cette structure, l’absence de ce mouvement dirigé par Thomas Lubanga n’aurait pas permis de traiter, dans le même cadre de dialogue, l’ensemble des acteurs armés impliqués dans la crise sécuritaire de Djugu.

    Les responsables communautaires plaident ainsi pour un mécanisme permettant d’intégrer cette problématique dans les efforts de recherche de la paix, sans remettre en cause les engagements déjà pris par les autres parties.

    3. Le suivi de la feuille de route mis en cause

    Le troisième facteur concerne le suivi des engagements issus du processus d’Aru.

    Le GIIPP estime que plusieurs dispositions de la feuille de route nécessitent encore une mise en œuvre et un accompagnement plus soutenus de la part des autorités compétentes.

    Pour Jean-Claude Ngadjole, ces trois difficultés fragilisent les acquis enregistrés pendant la période d’accalmie observée dans plusieurs parties du territoire.

    « Si on n’accompagne pas le désarmement, si on exclut certains acteurs du dialogue et si on ne suit pas la feuille de route, on prépare le retour de la guerre. Et c’est ce que nous vivons aujourd’hui à Djugu », a-t-il déclaré.

    Cette lecture de la crise constitue toutefois l’analyse du GIIPP et non une détermination indépendante des causes de la reprise des violences. D’autres facteurs sécuritaires, politiques et opérationnels peuvent également intervenir dans l’évolution de la situation à Djugu.

    Face à cette nouvelle détérioration sécuritaire, le GIIPP appelle les communautés à préserver la cohésion sociale et demande aux différents acteurs impliqués dans le processus de paix de privilégier le dialogue et le respect des engagements pris.

    Rédaction

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