Dans une déclaration faite à la presse de l’Ituri ce jeudi 14 août 2025, Pascal Kakoraki ancien ministre provincial avant l’avènement de l’état de siège, a vivement interpellé les services de sécurité et de défense opérant dans cette partie de la République Démocratique du Congo (RDC).
Cet avocat au barreau de la Tshopo a souligné la nécessité d’éviter la stigmatisation des jeunes originaires des localités telles qu’Iga Barrière, Nizi, Lopa et Jina, rappelant que tous ne sont pas membres des milices, notamment du groupe CRP (Convention pour la Révolution Populaire).
« L’armée doit réellement trouver ceux qui sont impliqués », a martelé cet enseignant en droit, encourageant la restauration de l’autorité de l’Etat.
Selon M. Kakoraki, pendant les opérations, l’armée a la responsabilité « d’agir avec professionnalisme » et de mener des enquêtes ciblées pour identifier les véritables coupables. Il a insisté sur le « respect scrupuleux des règles du Droit International Humanitaire afin de préserver la crédibilité des forces armées ».
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Des opérations militaires ciblées pour éviter la confusion
Kakoraki a également soulevé une préoccupation majeure, la présence possible d’autres milices opérant parallèlement à l’armée dans les zones de conflit. Il a averti que cette situation pourrait jeter le discrédit sur l’action militaire et semer la confusion parmi la population. « Dans les zones où l’armée opère, elle doit s’assurer qu’il n’existe pas d’autres miliciens qui opèrent parallèlement. Cela risque de jeter le discrédit sur elle », a-t-il suggéré.
Il a donc appelé les forces de sécurité à s’assurer qu’elles sont les seules à maintenir l’ordre et à traquer les groupes armés.
L’ancien ministre a par ailleurs cité l’exemple de l’opération de bouclage menée à Shari, « un modèle qu’il souhaiterait voir reproduit dans d’autres quartiers et groupements incorporés dans la ville de Bunia ». Il a dénoncé le fait que des individus « circulent librement avec des armes à feu dans ces zones sans être inquiétés ». Pour lui, si l’armée n’agit pas de manière « équitable » et « généralisée », la thèse de la « stigmatisation » des jeunes de certaines communautés pourrait gagner en force et en crédibilité.
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte sécuritaire tendu en Ituri, où l’état de siège est toujours en vigueur et les opérations militaires se poursuivent contre certains groupes armés. Dans l’entretemps, de nombreuses familles continuent à fuir.
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