Malgré le contexte de l’insécurité, le développement ne s’arrête pas. Il prend racine dans l’engagement local, dans la volonté de bâtir malgré les vents contraires. En Ituri, les opérateurs pétroliers viennent d’en faire une nouvelle démonstration concrète.
Réunis ce jeudi 10 juillet 2025 à Bunia, les exportateurs de produits pétroliers ont décidé de signer un avenant à leur contrat de partenariat pour l’asphaltage de la voirie urbaine. Concrètement, ils s’engagent à ajouter 500 dollars à leur contribution initiale, portant à 1500 dollars le montant que devra verser chaque camion-citerne.
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Un sacrifice consenti au nom du développement. Un pas supplémentaire qui ne se limite plus à Bunia : les territoires d’Aru et de Mahagi sont désormais visés par cette nouvelle dynamique.
« Ce qu’il faut retenir, c’est que les pétroliers sont prêts à ajouter 500 dollars par camion-citerne », a déclaré Daniel Mugisa, président de l’Association des exportateurs de produits pétroliers, à la sortie de la réunion.
Une contribution locale qui change l’image de Bunia
Depuis plusieurs années, la ville de Bunia bénéficie déjà de cette contribution conventionnelle du secteur pétrolier. Les artères se transforment, les routes s’améliorent, et l’image de la ville se redessine.
Cet élan local a attiré l’attention du gouvernement central, qui a récemment appuyé l’effort en finançant des kilomètres supplémentaires de voirie. Mais les fils du terroir veulent aller plus loin. Pour eux, le développement doit s’étendre à d’autres territoires.
Cap sur les routes d’Aru et de Mahagi. L’autorité provinciale, de son côté, annoncera dans les prochaines semaines les kilomètres à asphalter après les évaluations techniques.
Au-delà de l’augmentation de la contribution, les opérateurs pétroliers plaident aussi pour la qualité. Le choix de l’entreprise en charge des travaux dépendra de sa capacité à produire un goudron solide, durable et adapté au climat local.
Cette initiative témoigne d’un engagement profond. Les opérateurs économiques de l’Ituri assument désormais un rôle moteur dans le relèvement de leur province. « C’est notre volonté. Nous sommes opérateurs économiques et c’est nous-mêmes qui allons rétablir cette province. Il n’y a pas une autre personne qui viendra ici dire (…)», affirme M. Mugisa qui met en lumière la volonté des pétroliers de réduire leurs bénéfices pour permettre à la province d’avancer.
Un modèle d’engagement dans un contexte difficile
Dans une province encore marquée par l’insécurité, où la présence de groupes armés fragilise la cohésion sociale et freine les initiatives publiques, l’engagement de ces opérateurs économiques sonne comme un signal fort.
Il rappelle une vérité essentielle : le développement ne viendra pas d’ailleurs, il commence ici, avec ceux qui y croient encore. À Bunia, Aru, Mahagi et demain ailleurs en Ituri, une dynamique est lancée. Elle est locale, déterminée, et surtout, portée par les enfants mêmes de la province.
Dans un contexte où beaucoup semble fragile, c’est cette volonté de construire, de bâtir malgré tout, qui redonne espoir. Un espoir enrobé d’asphalte, mais fondé sur une conviction solide : l’Ituri peut changer, et ce changement commence par ceux qui y vivent.
Verite Johnson

