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    Le D.G Upio Kakura( 1er à gauche) échangeant les voeux avec les agents et cadres Sokimo
    Bunia, le 09 janvier 2017
    Photo ©Luc Malembe
    C’est en tout cas le moins que l’on puisse dire.
    Le 04 septembre 2017, la Société minière de Kilomoto, en sigle Sokimo, conviait la RDC entière et le monde à une grande cérémonie de l’inauguration d’une usine de production d’or qu’elle venait de construire à Nizi, localité située à plus de 30km au nord de Bunia, avec un investissement de 5,3 millions de dollars.
    L’évènement était de taille. Trois ministres nationaux ont fait le déplacement, parmi eux celui des mines et sa collègue du portefeuille, accompagnés d’une forte délégation des autorités provinciales.
    20 ans après, la Sokimo nourrissait l’espoir de renaitre de ses cendres.

    Mais voilà, à seulement quatre mois de son lancement, le directeur général de cette société a annoncé l’arrêt des travaux à l’usine, c’était au cours d’une interview qu’il a accordé à buniaactualite.com à l’occasion de la cérémonie d’échange des vœux organisée ce mardi 09 janvier.

    « Au lendemain de l’inauguration, on m’a laissé entendre que le contrat qui avait été signé par mes prédécesseurs et la société tanzanienne Mazoka ayant construit l’usine était léonin, que cette société n’avait pas l’expertise nécessaire pour mener les travaux. J’avais alors décidé la relecture de tous les contrats en cours. Il s’est révélé des contreperformances de la part de Mazoka, le rendement n’arrivait pas à couvrir toutes les charges de production, la Sokimo travaillait à perte » a expliqué le D.G Upio Kakura Wapol

    Selon lui, la production-test s’était montré prometteuse. Le mois suivant ils ont produit 1,2 kg ensuite la machine s’est bloquée.

    « Depuis le mois d’octobre, nous avons donné plusieurs remarques à nos partenaires de Mazoka mais sans succès, ses responsables ont même disparu dans la nature. J’avais alors demandé d’arrêter les travaux et procéder à une évaluation» a-t-il affirmé.

    Mais comment cette société, déjà en difficulté de fonctionnement, avec au total 2.450 agents impayés depuis plus de 50 mois, 800 parmi eux éligibles à la retraite mais l’argent pour régler leurs décomptes finales fait défaut, une société sans bureau à Bunia et qui paye un loyer depuis des dizaines d’années, comment disais-je une telle société a pu se permettre de jeter 5,3 millions de dollars à l’eau?

    Au moment où il présentait ses vœux à leur directeur général, le délégué syndical Chemar Faustin a clairement affirmé que tous les espoirs des agents et cadres de la Sokimo reposaient sur Nizi, avant de peindre un tableau très sombre des conditions dans lesquelles ces derniers vivent.

    Mais le nouveau D.G Upio, fort de son expérience acquise à la Gécamines, semble déterminé à ressusciter cette société de l’Etat, jadis une fierté de toute la région et qui détient l’essentiel de grands gisements d’or allant de l’Ituri jusque dans le Haut-Uélé.

    « Nous sommes en pourparlers avec une autre société australienne, Vector ressources, nous avons même signé un accord de confidentialité qui leur donne accès à nos données sur Kibali-sud et Nizi. Ils ont entre 3 et 6mois pour formuler une offre technique et financière. S’ils nous présentent un profil acceptable, des négociations de signature d’un contrat pour l’exploitation de nos gisements va alors commencer » a-t-il indiqué, précisant tout de même qu’aucune décision n’est jusque-là prise.

    La Rédaction

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