La Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral (SOFEPADI) a célébré, ce jeudi 30 avril, ses 26 années d’existence en République démocratique du Congo.
Engagée notamment dans la prise en charge holistique des violences basées sur le genre (VBG), l’organisation a profité de cette journée pour organiser une réflexion autour de l’accès à la justice pour les survivantes de violences sexuelles en RDC. Les échanges ont réuni plusieurs acteurs impliqués dans cette lutte, autour des avancées enregistrées, des défis persistants et des perspectives à envisager.
L’objectif était d’évaluer les progrès réalisés, d’identifier les obstacles encore présents et de proposer des pistes concrètes pour améliorer l’accès à la justice et la protection des survivantes, dans un contexte marqué par les conflits, avec un accent particulier sur les zones sous état de siège en Ituri.
« Un sentiment de satisfaction pour le chemin parcouru, mais le combat est loin d’être terminé », a déclaré Mme Julienne Lusenge, présidente du Conseil d’administration et cofondatrice de l’organisation.
Elle a poursuivi en soulignant la détermination des femmes engagées dans ce combat :
« Les femmes ont prouvé leur force et leur savoir-faire. À partir d’une idée, elles ont créé une structure qui contribue à l’avancement de la paix, à la prévention et à la bonne gouvernance. Mais nous n’avons pas fini : les violences faites aux femmes, les conflits et les violations des droits humains persistent. Il est donc impératif de poursuivre la lutte ».
La SOFEPADI plaide ainsi pour un accompagnement renforcé des autorités politico-administratives, sécuritaires et judiciaires.
Présente à cette commémoration, Mme Jeanne Alasha, conseillère du gouverneur militaire en charge du genre, de la famille et de l’enfant, a réaffirmé l’engagement de l’administration militaire à soutenir les initiatives de lutte contre les violences sexuelles, saluant au passage les « efforts louables de la SOFEPADI en Ituri ».
« Nous sommes fiers du parcours accompli par la SOFEPADI. Il faut croire en ce que l’on fait. La SOFEPADI y a cru et elle est arrivée à ce résultat. Le gouvernement provincial est là pour coordonner les actions », a-t-elle indiqué.
La journée a été marquée par plusieurs temps forts, notamment des témoignages de bénéficiaires, de partenaires et d’amis de l’organisation. Un panel de haut niveau a également réuni autorités, acteurs étatiques et coutumiers, organisations de la société civile ainsi que des partenaires techniques.

Une exposition photo a permis de retracer le parcours de la SOFEPADI, ses réalisations au fil des années, tout en rendant hommage aux membres du personnel aujourd’hui disparus. Certains agents ont également été honorés pour leurs services rendus.
Créée en 2000 à Bunia, au plus fort des conflits en Ituri, la SOFEPADI est née d’une émission radiodiffusée sur la Radio Candip. À l’époque, des femmes avaient décidé de porter la voix des victimes de violences sexuelles. Une initiative qui s’est progressivement imposée comme une organisation de référence dans l’accompagnement des survivantes.
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Pour la seule année 2025, la SOFEPADI indique avoir pris en charge plus de 46 000 femmes et enfants. Parmi eux, 4 591 ont bénéficié d’un accompagnement médical, 36 097 d’un suivi psychosocial, 223 d’un appui judiciaire, 1 630 d’activités d’autonomisation et 257 d’un soutien à la scolarisation, selon Mme Sandrine Lusamba, coordinatrice nationale de l’organisation.
Marcus Jean Loika

