L’organisation de défense des droits humains Justice-Plus a exprimé sa vive inquiétude face à la poursuite des opérations militaires impliquant le groupe armé CRP dans la zone de Bule, en chefferie des Bahema Badjere, territoire de Djugu, en province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans un communiqué de presse rendu public à Bunia le 27 décembre 2025 et consulté dimanche par buniaactualite.cd, l’ONG appelle les parties au conflit au strict respect du Droit international humanitaire (DIH) et à la protection des populations civiles.
Selon Justice-Plus, depuis près de deux semaines, des affrontements armés opposent les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à la milice Convention pour la Révolution Populaire (CRP) aux alentours et au centre de Bule. L’organisation évoque une escalade progressive des violences, marquée par des attaques sporadiques de part et d’autre.
Le communiqué rapporte que de violents combats ont éclaté le vendredi 26 décembre 2025, dès 6 heures du matin jusqu’aux environs de 12h40, avec des échanges nourris de tirs d’armes lourdes et légères. Aucune modification significative des positions des belligérants n’aurait été observée à l’issue de ces affrontements.
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Une accalmie relative aurait été constatée dans la soirée, mais la situation reste fragile. Justice-Plus souligne notamment la restriction des mouvements des personnes et des biens sur l’axe Fataki-Bule, une situation qui entrave gravement l’accès humanitaire dans cette zone de conflit.
Le bilan provisoire fait état de civils tués par des balles perdues, parmi lesquels un enfant. Ces informations renforcent, selon l’ONG, la crainte d’un risque élevé et persistant pour les populations civiles, d’autant plus que de nouvelles confrontations restent probables en raison des tensions non résolues et des discours hostiles.
Justice-Plus affirme également avoir documenté des cas présumés « d’utilisation de femmes et d’enfants comme boucliers humains par des éléments de la CRP », ainsi que « l’exploitation de sites de déplacés à des fins militaires ». Des pratiques qualifiées de « graves violations du Droit international humanitaire ».
Des appels aux parties prenantes
L’organisation condamne avec « fermeté » les « abus et violations des droits humains » imputés aux parties au conflit, notamment les meurtres de civils, l’implication de personnes vulnérables et la mise en danger des déplacés.
Dans le même communiqué, Justice-Plus formule plusieurs recommandations aux parties au conflit ainsi qu’à d’autres organisations comme la Monusco.
Aux autorités politico-administratives et aux FARDC : conduire les opérations militaires avec professionnalisme, dans le respect strict du DIH et en assurant la protection des civils ;
À la MONUSCO : renforcer la protection des civils et des sites de déplacés, et faciliter l’ouverture de couloirs humanitaires à Bule et dans ses environs ;
Au groupe armé CRP : cesser immédiatement les hostilités, renoncer à l’utilisation de civils comme boucliers humains et rejoindre le processus de paix à travers le P-DDRCS ;
Aux forces de l’UPDF, actuellement déployées à Djugu : appuyer concrètement les FARDC dans la lutte contre les groupes armés hostiles aux processus de paix en cours.
Cette nouvelle alerte relance les inquiétudes sur la situation sécuritaire et humanitaire dans le territoire de Djugu, où les civils demeurent les premières victimes des affrontements armés.
Rédaction

