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    Le rapport trimestriel de l’ONG Justice-Plus révèle une hausse des violences en Ituri, entre juillet et septembre 2025. La milice de la Coopérative pour le Développement du Congo (CODECO) et certains éléments des Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sont au sommet de la liste des principaux auteurs.

    Décryptage de ce rapport consulté ce jeudi 20 novembre 2025 par buniaactualite.cd. Un document qui révèle 79 cas de violations et abus des droits de l’homme documentés.

    Télécharger la version intégrale du rapport ici RAPPORT MONITORING JUILLET A SEPTEMBRE 2025 Justice Plus

    La province de l’Ituri continue de s’enfoncer dans une spirale de violence meurtrière. Dans son dernier rapport de monitoring couvrant le troisième trimestre 2025, l’ONG de défense des droits de l’homme Justice Plus dresse un bilan « sombre de la situation sécuritaire », en dépit des efforts gouvernementaux.

    Les chiffres avancés par Justice Plus sont sans appel. Sur l’ensemble des cas de violations et abus des droits de l’homme documentés entre juillet et septembre, la milice CODECO/URDPC est responsable de 37 % des incidents.

    Le rapport détaille des atrocités spécifiques qui glacent le sang. Parmi les événements les plus marquants, l’organisation cite l’attaque de la paroisse catholique de Lopa le 21 juillet, où des hommes armés identifiés comme des miliciens CODECO auraient causé la mort de vingt personnes et pillé les biens de l’église.

    Quelques jours plus tôt, une incursion dans le site de déplacés de Tche s’était soldée par quatre morts à la machette. C’est toujours dans le territoire de Djugu.

    L’ONG note également une stratégie d’asphyxie économique. Il s’agit entre autres de barrières illégales, rançonnement des usagers sur la RN27 et embuscades contre des véhicules de marchandises.

     

    Fait inquiétant souligné par ce monitoring, l’armée régulière n’est pas exempte de reproches. Les FARDC arrivent en deuxième position des auteurs présumés de violations, à égalité avec les bandits armés non identifiés, totalisant 18 % des cas recensés.

    Justice Plus dénonce notamment la multiplicité des barrières militaires sur les axes stratégiques (Bunia-Iga Barrière, Nizi-Mongwalu, etc.), transformées en lieux d’extorsion systématique de la population civile.

    Plus grave encore, le rapport documente des cas de tirs à balles réelles sur des civils, parfois pour des motifs futiles ou lors de dispersions de manifestations, comme cet incident fin août à Bunia. Des cas de violences sexuelles impliquant des hommes en uniforme sont également rapportés.

    Bien que moins « prolifiques » en nombre d’incidents recensés par l’ONG (9 % des cas), les rebelles des ADF/NALU maintiennent une pression constante, particulièrement dans le territoire d’Irumu et Mambasa.

    Leurs attaques se caractérisent par une brutalité extrême, illustrées par des incendies de villages entiers et exécutions sommaires, comme observé à Bazingi et Bandikide en août.

    L’insécurité touche également les acteurs humanitaires. Le rapport fait état de convois d’ONG braqués ou bloqués, obligés de payer des « droits de passage » aux miliciens pour acheminer l’aide, quand ils ne sont pas tout simplement pillés.

    Outre la Codeco/URDPC, les FARDC, les inconnus bandits, les ADF; la rébellion de la CRP de Thomas Lubanga citée en parallèle avec Zaïre, vient à la cinquième position avec 6 cas de viol. Les autres cas sont attribués à la FRPI, PNC, Maï-Maï, rebelles soudanais et Mambuti.

    Au-delà des violences physiques, le rapport alerte sur les conditions de détention « déplorables » dans la province. La prison centrale de Bunia et les cachots territoriaux souffrent de surpopulation et de malnutrition sévère, sans séparation adéquate entre mineurs et adultes.

    Au regard de ce tableau noir, Justice Plus exhorte les autorités congolaises à changer de stratégie. L’ONG recommande prioritairement :

    De mettre à la disposition des forces de sécurité les moyens nécessaires pour traquer les groupes armés et rebelles actifs dans la province de l’Ituri en générale; 

    L’organisation d’audiences foraines dans les cinq territoires pour juger publiquement les auteurs de crimes;

    La suppression immédiate des barrières illégales entretenues par les FARDC et la PNC;

    L’accélération du processus P-DDRCS (Désarmement, Démobilisation), dont la lenteur décourage les redditions volontaires;

    L’amélioration des infrastructures pénitentiaires pour respecter la dignité humaine;

    De renforcer le dispositif sécuritaire au Aux FARDC et PNC; etc.

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    Rédaction

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