Plus d’un mois après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola en Ituri par le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le 15 mai 2026, plusieurs acteurs communautaires constatent une évolution progressive de la perception de la maladie au sein de la population.
Au début de l’épidémie, de nombreuses rumeurs circulaient dans différentes localités de la province. Certaines personnes attribuaient les décès observés à un empoisonnement, tandis que d’autres évoquaient ce qu’elles appelaient le « phénomène cercueil », en référence à des événements survenus lors du rapatriement du corps d’un jeune homme entre Bunia et Mongbwalu dans le territoire de Djugu.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur le terrain, ces croyances ont contribué à alimenter la méfiance vis-à-vis des messages des autorités sanitaires et ont compliqué les premières actions de sensibilisation menées dans les communautés.
Face à cette situation, des campagnes d’information ont été organisées par les équipes de riposte avec l’appui de plusieurs organisations humanitaires. Dans le cadre du programme de Stabilisation Réactive par la Transition (RESET), mis en œuvre notamment par Mercy Corps en consortium avec plusieurs partenaires, dont CORACON, Justice Plus, SOFEPADI et APC, des relais communautaires ont été formés afin de renforcer la sensibilisation au niveau local.
A lire aussi : Ebola en Ituri : entre rumeurs, violences et défiance, la riposte confrontée à un obstacle majeur
Dans la chefferie des Andisoma, Katirogo Clarice, relais communautaire, estime que la compréhension de la maladie s’est améliorée grâce aux expériences vécues dans certaines structures sanitaires ainsi qu’aux séances de sensibilisation.
« Aujourd’hui, la communauté a compris qu’un seul cas d’Ebola peut contaminer plusieurs autres personnes et elle commence à respecter les mesures barrières », affirme-t-elle.
Même constat à Solenyama-Centre, où John Santos, également relais communautaire, souligne l’impact des activités de sensibilisation réalisées auprès des populations.
« Grâce aux différentes formations, nous avons pu faire comprendre à la communauté l’existence du virus. Aujourd’hui, plusieurs personnes appliquent les mesures barrières, même si cela n’a pas été facile au départ », explique-t-il.
De son côté, Imani Shave Sarah, autre relais communautaire de cette même localité, rappelle que les premières réactions étaient marquées par l’incompréhension et la circulation de nombreuses rumeurs.
« Au début, beaucoup pensaient qu’il s’agissait d’un empoisonnement. Nous avons insisté sur le lavage régulier des mains, l’installation des dispositifs de lavage devant les commerces et les lieux d’activités, ainsi que sur l’interdiction de manipuler les corps sans vie sans précaution », témoigne-t-elle.
Selon les acteurs engagés dans la riposte, l’adhésion progressive de la population aux mesures de prévention constitue un élément important dans la lutte contre la propagation de la maladie. Les campagnes de sensibilisation se poursuivent dans plusieurs zones de la province afin de renforcer davantage la vigilance communautaire.
Parallèlement, les autorités sanitaires indiquent que de nombreux patients ont déjà été déclarés guéris et autorisés à quitter les centres de traitement Ebola, signe des efforts déployés dans la prise en charge de la maladie.
Lydia Combe

